TGKM, sortie organisée par Christian P. – Du jeudi 23 au dimanche 26 juillet 2026
Mercredi 22 juillet 2026
Afin d’arriver à l’heure le jeudi 23 sans être trop fatiguée par la route, je prends la route la veille. Je ne m’attarde pas en chemin afin d’arriver avant la fermeture de l’accueil du camping de Portsévigné, situé à une dizaine de minutes de la plage de Porsmoquer.
Ouf, j’arrive juste à temps ! Le camping surplombe la mer et la vue est magnifique. Pour profiter pleinement du paysage, je décide de dîner au petit bar-restaurant attenant, Le Portze.
Arrivée au camping de Portsévigné
Vient ensuite le montage de la tente. Je peine un peu avec cette petite tente une place conçue pour le bivouac : c’est la première fois que je l’installe. Avec le recul, il aurait sans doute été plus raisonnable de la monter une première fois chez moi, ne serait-ce que pour vérifier qu’aucun piquet ne manque. Heureusement, tout est là et, après quelques hésitations, la tente tient enfin en place !
La nuit tombe sur le camping de Portsévigné
Jeudi 23 juillet 2026
Rase-cailloux vers l’Aber Ildut – 23 km
La nuit a été un peu fraîche, mais quelques minutes de route suffisent pour rejoindre Christian, l’organisateur de la sortie, ainsi que Fanch et Michèle.
Aujourd’hui, nous longeons la côte en « rase cailloux » en direction de l’Aber Ildut, dans l’attente d’un autre participant, qui ne sera disponible que le lendemain. Après un pique-nique à l’entrée de l’aber, où est installée une petite exposition historique consacrée aux soins apportés aux « gens de la mer », nous nous engageons dans l’Aber Ildut.
Exposition de clichés de Jacques de Thézac devant Maison feu de Lanildut
La quiétude du paysage est soudainement rompue par la sortie à toute allure d’un canot tous temps de la SNSM.
Canot tous temps SNS 12-05 Président Salaün
Vendredi 24 juillet 2026
En route vers Molène – 15 km
Finalement, le participant que nous attendions ne pourra pas nous rejoindre. Quant à Michèle, elle décide de renoncer à la traversée vers Molène.
Après une nuit passée en bivouac sur la plage, il est temps de reprendre la mer. Christian, Fanch et moi mettons le cap sur Molène, située à une quinzaine de kilomètres au large. La traversée en pleine mer est un véritable régal. Peu à peu, les îlots se dessinent à l’horizon. Nous atteignons finalement l’îlot Morgol. Cet îlot a une saveur toute particulière pour moi. « Morgol » est le nom du kayak de mer du club de Nantes avec lequel j’ai effectué la quasi-totalité de mes premières sorties en kayak de mer.
L’îlot Morgol
L’arrivée sur Molène est magnifique. Dès notre approche, l’île dévoile tout son charme et donne envie de prendre le temps de la découvrir.
Les premiers pas de Marine sur Molène
Christian et moi, photographiés par Fanch
Le camping, situé à quelques pas de la cale, est simple mais très agréable. On y trouve tout le nécessaire, et les deux douches bien chaudes sont particulièrement appréciées après une journée passée sur l’eau. En début de soirée, nous faisons le tour de l’île à pied. Cette boucle d’environ 4 km nous permet d’en découvrir les paysages et l’atmosphère paisible. Et, pour terminer la journée en beauté, nous allons partager quelques bières et frites chez Albin.
Samedi 25 juillet 2026
Virée au phare de Kéréon
Le lendemain, nous croisons, côté nord de Molène, quelques dauphins qui se laissent approcher. Nous contournons ensuite l’île par le sud afin de profiter de la marée montante pour remonter en direction d’Ouessant.
Nous poursuivons notre route jusqu’au phare de Kéréon, dont nous faisons le tour, attentifs aux premiers signes de la renverse de marée.
Le phare de Kéréon, situé juste devant Ouessant
Puis vient le moment du retour, porté par le courant descendant. D’îlot en îlot, nous progressons tranquillement, interrompant au passage la sieste de quelques phoques.
On dirait une tortue, non ?
L’un d’eux décide de nous accompagner pendant près de 2 kilomètres. Une escorte aussi insolite qu’exceptionnelle pour une traversée en mer.
Dimanche 26 juillet 2026
Retour vers le continent – 14 km
C’est dimanche, déjà l’heure du retour.
La mer nous réserve une dernière difficulté : environ un mètre de houle, légèrement croisée, ainsi qu’une brume dense qui réduit notre visibilité. Je suis un peu inquiète. Par moments, j’ai l’impression que nous tournons en rond.
Heureusement, nos compas nous aident à conserver le bon cap. Peu à peu, la côte se dessine et finit par apparaître franchement devant nous.
Il reste toutefois un dernier obstacle à franchir : le chenal du Four, qui peut se montrer particulièrement joueur. Le courant s’y renforce et la houle y gagne encore en ampleur.
Le passage est assez long pour laisser le temps de s’adapter. Peu à peu, l’appréhension du début laisse place à la sérénité, puis au plaisir. Je me surprends finalement à profiter pleinement des vagues et à savourer ces derniers instants en mer.
En solo, au départ du NACK – Dimanche 19 juillet 2026
Du Nack à Sucé-sur-Erdre, A/R
Après avoir réalisé l’aller-retour NACK-Sucé-sur-Erdre en kayak de mer, il était temps de le réaliser en Vital !
Mon départ est très hésitant. Le vent est assez important et je n’ai navigué qu’une dizaine de fois en Vital — un kayak de fitness bien plus instable que le kayak de mer. Je crains d’être déstabilisée et de me renverser. Et puis, il y a aussi cette pagaie cuillère, que j’ai choisie tout en ne l’ayant encore jamais utilisée en Vital…
Mais bon, après quelques tergiversations, c’est parti !
Et là, aucun regret ! J’avance sans la moindre difficulté — si ce n’est que mon chapeau a régulièrement tendance à s’échapper de ma tête. 😄
Le port de Sucé-sur-Erdre est très beau.
Port de Sucé-sur-Erdre
Je ne résiste pas : c’est l’occasion d’une petite récompense gourmande bien méritée. Le Choco Liégeois du bar-restaurant le Maïna est divin. Cette glace, cette crème fouettée, ce chocolat maison…
Sortie entre ami.e.s au départ du NACK, organisée par Jean-Pierre R. – Samedi 18 juillet 2026
Il faut bien l’avouer : lorsque nous naviguons sur l’Erdre avec le NACK, nous empruntons souvent les trois mêmes itinéraires. Mais, aujourd’hui, Jean-Pierre a proposé à Laurence et moi une sortie un peu plus originale : « Et si on partait explorer le Locmard ? »
En flânant paisiblement, nous atteignons son embouchure en une heure.
Le paysage est sauvage : le cours d’eau est étroit et très végétalisé, tout en restant bien moins encombré que sur le Gesvres.
À une vingtaine de minutes de l’embouchure, nous découvrons un petit coin idéal pour une pause gourmande. Nous n’hésitons pas une seconde : après avoir sorti les sacs étanches, c’est parti pour le pique-nique !
Le retour ? Sous un soleil de plomb, certes, mais avec le sourire aux lèvres. 😊
Rencontres internationales CK/mer – Du samedi 4 au samedi 11 juillet 2026
J0 – Samedi 4 juillet 2026 : Retrouvailles au camping, l’Irlande s’en mêle
Installation et apéro des régions
Aujourd’hui, pas de navigation : c’est l’installation de tout le monde au camping de Pen Bellec, à Telgruc-sur-Mer. Enfin, presque tout le monde : Stéphanie, Murielle, Sylvain et d’autres organisateurs ont dû arriver la veille.
Le camping de Telgruc-sur-Mer se situe non loin de la plage. C’est un petit camping simple, tout à fait agréable. Je suis contente : j’y retrouve rapidement des personnes que je connais.
Les organisateurs ont mis en place des bacs pour rincer les affaires de kayak après les sorties. Ils permettent de limiter la consommation d’eau. Ils ont aussi installé un grand barnum pour le traditionnel apéro des régions. Chacun y partagera des produits typiques de sa région ou de son pays.
Quand l’Irlande s’en mêle
Une ou deux personnes s’inquiètent. Le président de CK/mer, Jérôme, ainsi que d’autres membres très actifs, seront exceptionnellement absents ou guère présents. Ils ont déjà prévu d’aller naviguer en Irlande en août. Et, bien que l’association compte de nombreux retraités, beaucoup sont encore actifs : ils ne disposent donc pas de congés à volonté.
Y aura-t-il assez de sorties proposées ? La sécurité sera-t-elle au rendez-vous ? Dès notre arrivée au camping, nous avons signé une feuille de présence. Comme d’usage, celle-ci indique : « Chacun navigue sous sa propre responsabilité ». Malgré cela, nous ne pouvons pas nous empêcher de compter un peu les uns sur les autres.
Pour l’Irlande, se pose également une autre question. En fait, des Irlandais, coutumiers des rencontres CK/mer, avaient prévu d’organiser, à leur tour, des rencontres internationales. C’est pourquoi de nombreux membres actifs de CK/mer s’y rendent cet été.
Cependant, cet événement a finalement été reprogrammé, alors qu’ils avaient déjà acheté un billet de ferries non remboursable. Ils ont donc décidé de maintenir leur déplacement.
Les Irlandais leur réserveront un accueil chaleureux, en petit comité. Mais auront-ils l’envie et la possibilité d’y retourner, en 2027, si le rassemblement international irlandais devait s’y tenir ?
J1 – Dimanche 5 juillet 2026 : tous ensemble, tous ensemble
Mince, j’ai oublié de lancer le GPS sur ma montre Garmin.
Et je dois avouer que, même si cet article apparaît comme publié en juillet 2026, pour respecter la chronologie du blog, je ne m’attelle à sa rédaction qu’en août.
Tout ce dont je me souviens, c’est qu’il s’agissait d’une magnifique sortie, organisée par Stéphanie.
Nous étions exceptionnellement tous partis de la plage située juste à côté du camping. Le président de CK/mer, qui était absent la veille, et le sera également les jours suivant, comptait aussi parmi nous.
Le temps était splendide, et la saison des visites de grottes venait de s’ouvrir !
J2 – Lundi 6 juillet 2026 : Crozon à pleine pagaie
Sortie organisée par Stéphanie, Crozon, rencontres CK/mer, juillet 2026
Une trentaine de kilomètres… ou pas !
Nous embarquons à la plage de Kerloc’h pour une sortie d’une trentaine de kilomètres.
Oui, je choisis toujours les plus grandes sorties. Pour moi, le plus fastidieux reste de se préparer et de ranger. Alors, une fois sur l’eau, autant en profiter le plus possible !
Cependant, ce qui est génial aux rencontres CK/mer, c’est qu’il y en a pour toutes les aspirations. Ceux qui préfèrent les petites sorties trouvent aussi de quoi se satisfaire !
Et certains viennent même simplement profiter des copains le soir et faire du vélo, car leur état de santé ne leur permet pas, pour le moment, de pratiquer le kayak. Je trouve ça chouette aussi : chacun profite des rencontres à sa manière et selon ses possibilités.
De pointes en grottes et rochers
Après avoir embarqué, nous filons vers la pointe de Dinan et la côte d’Iroise.
Nous coupons ensuite vers le rocher du Perzic. Au passage, nous faisons du rase-cailloux et visitons quelques grottes jusqu’à la pointe de la Tavelle.
Peu après, nous traversons l’anse de Pen Hir pour rejoindre la pointe du même nom. Puis nous coupons l’anse de Pen-Hat pour atteindre la pointe du Toulinguet, où nous pique-niquons.
Après le repas, cap sur le rocher du Lion, puis sur les Tas de Pois, un groupe de 6 beaux rochers, autour desquels nous slalomons.
Nous reprenons ensuite le chemin du retour par l’anse de Pen Hir, la pointe de la Tavelle et la pointe de Portzen, avant de retrouver la plage de Kerloc’h.
Crozon : il s’en est fallu de peu
Rah là là, qu’est-ce que je suis contente d’être venue aux Rencontres de Crozon, quand même !
Pour tout vous avouer, j’avais longtemps hésité à m’inscrire. Je suis déjà venue deux fois à Crozon, et il me reste tellement d’autres endroits à explorer…
Mais ma virée sur la Loire est tombée à l’eau, faute d’eau !
Et cette fois n’a rien à voir avec les précédentes.
Le temps est beaucoup plus clément, les lumières sont bien plus belles. Et, surtout, l’absence de houle et les marées favorables nous permettent de visiter beaucoup plus de grottes que lors de mes deux précédentes venues.
J3 – Mardi 7 juillet 2026 : un jour off
Jour off pour moi. Un peu fatiguée, et quelques démarches administratives à effectuer.
Je vais me poser à la bibliothèque Henri-Queffélec de Crozon. C’est une petite médiathèque très sympathique, où il fait frais et agréable de travailler.
Il est possible d’y brancher un ordinateur, mais pas d’accéder au Wi-Fi. Qu’importe : je peux partager les données mobiles de mon téléphone avec mon ordinateur.
Et je ne résisterai évidemment pas à la tentation de lire quelques bandes dessinées.
J4 – Mercredi 8 juillet 2026 : objectif cap de la chèvre
Sortie organisée par Didier B, Rencontres CK/mer à Crozon, juillet 2026, 26 km.
La veille de la sortie, je guette le retour de Didier B., l’organisateur.
Le nombre maximum de participants est atteint, mais j’ai une bonne excuse pour venir : un inscrit a besoin d’un moyen de locomotion.
Et, ouf, il accepte que je me joigne à l’équipe !
D’autres n’auront pas cette chance. Didier propose de constituer un second groupe, qui naviguera à quelques encablures du premier. L’objectif est de ne pas être trop nombreux en même temps pour visiter les grottes. Nous nous retrouverons toutefois pour pique-niquer.
Nous embarquons de la plage de Postolonnec vers 9h30.
Les grottes sont magnifiques. Oui, encore et toujours.
Nous passons devant la plage de l’Île Vierge, où il est interdit de débarquer. Pourtant, quelques touristes en kayak, y sont installés, malgré le risque d’une amende de 135 euros par personne.
Cependant, faut-il vraiment leur en vouloir ? Nul n’est censé ignorer la loi… mais encore faut-il avoir reconnu l’Île Vierge !
L’île est en réalité une presqu’île. Et aucun panneau d’information ne semble figurer sur la plage…
Nous pique-niquons peu après, avant le cap de la Chèvre.
Puis, une fois ce dernier atteint, nous traînons moins : finies les grottes !
J5 – Jeudi 9 juillet 2026 : de fort en phare autour de Camaret
Sortie organisée par Stéphanie, Crozon, rencontres CK/mer, juillet 2026
Je choisis encore une belle et longue sortie, d’environ 25 km, organisée par Stéphanie. Mais, mince, j’ai oublié de recharger mon appareil photo : il n’a plus de batterie !
Nous partons de la plage du Corréjou. Cette petite plage est très sympa. On peut se garer juste en face. Il y a aussi un vrai parking à 100 mètres, où il y a toujours de la place, ainsi que des toilettes.
Nous coupons un peu dans l’anse de Camaret, puis longeons la côte.
Nous passons devant :
l’îlot du Diable, une construction accessoire du fort de la Fraternité ;
le rocher de la Tortue (oui, oui : on dirait que les rochers-tortues nous envahissent ! J’en ai également vu aux Glénan et à Molène !) ;
le splendide fort des Capucins, qui permettait autrefois de protéger le sud du goulet de Brest.
Nous traversons ensuite le goulet de Brest pour rejoindre le phare du Portzic, à son extrémité nord-est.
Nous pique-niquons ensuite sur une plage populaire, la plage Sainte-Anne. Située non loin d’un grand parking, elle est bien desservie par les transports en commun. On peut toutefois regretter que les sanitaires soient souvent très sales, voire fermés. Heureusement, il reste toujours possible de trouver un petit coin discret pour se cacher !
Ensuite, nous rejoignons un autre phare, le phare du Petit Minou, actuellement en travaux. Nous remettons ensuite le cap vers le fort des Capucins, en naviguant au compas.
Puis, retour vers la plage du Corréjou. Nous sommes quelques-uns à aller nous rafraîchir avec une glace dans un bar attenant au parking.
J6 – Vendredi 10 juillet 2026 : je pars, je ne pars pas
Diable, que se passe-t-il donc ? Le temps de la vieillesse est-il déjà venu ? Je ne navigue pas et passe une bonne partie de la matinée à tergiverser : je rentre, je ne rentre pas ?
Normalement, j’étais censée rester jusqu’à dimanche. Je devais ensuite rejoindre un autre groupe de kayakistes pour une sortie à Bréhat. Néanmoins, je suis déjà allée à Bréhat lors du symposium CK/mer à Paimpol. Je n’étais donc pas extrêmement emballée à l’idée d’y retourner immédiatement.
Oui, oui : en mer, les conditions météorologiques rendent les sorties toujours différentes. Toutefois, il me reste tellement de lieux à découvrir que j’ai du mal à me résoudre à cumuler, dans l’immédiat, les randonnées au même endroit.
Et puis, j’ai des choses à préparer. Il faut bien que je m’y mette un peu !
Je pars, je pars pas, je pars, je pars pas… Je n’arrive pas à me décider. Je sonde donc les uns et les autres, qui m’incitent tous à rester.
Et soudain : je remballe tout, effectue quelques au revoir et file. Ma décision est finalement prise ! J’aurai beaucoup moins navigué que d’habitude, mais je n’ai guère la tête à ça.
Et finalement, je n’ai pas trop de regrets ! J’ai appris, comme je m’y attendais, que des navigations avaient encore eu lieu après, avec Jérôme. Mais la sortie à Bréhat a finalement été annulée en raison des conditions météorologiques !
Le kayak que je souhaitais acquérir était vendu avec un gouvernail.
Pour être honnête, cela ne m’enchantait pas vraiment. Peu de kayakistes en possèdent, et j’avais plusieurs réserves. Avec cet appendice à l’arrière du kayak, je trouvais le bateau plus difficile à vider et à charger. Je craignais également que le gouvernail augmente la prise au vent, aussi bien sur la voiture que sur l’eau. Et puis, le gouvernail était compliqué à utiliser. Il restait régulièrement bloqué en position haute, sans que je parvienne à le faire redescendre.
Mais… mais… mais… tout cela, c’était avant ! J’ai d’abord rencontré un kayakiste qui utilisait un gouvernail et en était très satisfait. Il m’a expliqué à quel point il pouvait être utile en surf, mais aussi lorsque le kayak était chargé. J’ai pris le temps de réinstaller correctement le mien. Une seconde personne m’a alors montré une astuce pour éviter qu’il reste bloqué en position haute.
Et enfin, j’ai réalisé une longue traversée au large avec mon gouvernail… et ce fut la révélation. Plus besoin de retirer et de remettre la dérive pour corriger mon cap. Plus besoin non plus de forcer en gîtant et de multiplier les coups de pagaie d’un côté ou de l’autre pour faire tourner le kayak. Un simple appui de la pointe du pied suffit : le bateau répond et change de direction.
Il reste toutefois un petit point à anticiper : il faut prévoir des chaussures suffisamment souples. Avec des chaussures rigides, il est difficile d’appuyer correctement sur les pédales du gouvernail avec la pointe des pieds.
Mes chaussures rigides sont celles qui glissent le moins sur les algues et sont les plus confortables lorsque je marche sur les rochers. Mais, une fois encore, en kayak, tout est une question de compromis !
Immatriculer son kayak est obligatoire pour naviguer entre 2 et 6 milles d’un abri.
La démarche est rapide, simple et gratuite… à condition d’avoir les documents nécessaires.
Mais une étape incontournable me reste à franchir avant de lancer la procédure : trouver un nom de baptême à mon kayak.
J’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient baptisé leur kayak en créant un nom à partir du prénom de leurs enfants.
De mon côté, je n’ai qu’une fille. Je ne me voyais pas donner son prénom, tel quel, à mon kayak.
À court d’idées, j’ai d’abord cherché un nom commençant par « Bara ». L’idée était de prolonger l’inscription du modèle déjà présente sur mon kayak : Baraflot, Baramour, Baraccuda… Mais rien ne m’a vraiment convaincue.
Il a pourtant bien fallu trancher pour pouvoir immatriculer mon kayak. Je lui ai donc donné un nom… qui, au fond, ne me plaisait pas vraiment.
Lorsque je lui confiai mes difficultés à trouver un nom, ma fille a immédiatement eu une idée lumineuse :
Tu n’as qu’à l’appeler Marine. C’est mon deuxième prénom, un prénom que tu as toujours adoré et qui correspond parfaitement à ton univers !
Marine, une bande dessinée française, scénarisée par François Corteggiani et dessinée par Pierre Tranchand.
À peine proposé, aussitôt adopté !
Restait alors à officialiser ce changement de nom.
J’imaginais une démarche longue, compliquée et coûteuse. En réalité, rien de tout cela : quelques minutes suffisent et la procédure est entièrement gratuite sur le portail officiel des démarches plaisance.
Marine : un navire
Selon la réglementation en vigueur, les kayaks doivent porter leur immatriculation « visible à l’intérieur depuis l’emplacement normal en navigation du pagayeur »¹.
Cependant, certains kayakistes m’ont raconté avoir eu du mal à accéder à certains ports, et notamment quelques mésaventures du côté de Doëlan.
Alors, ainsi qu’ils me l’ont conseillé, j’ai incité Marine à clamer haut et fort qu’elle est un navire immatriculé.
Pour être sûre d’être entendue, elle a donc affiché son numéro d’immatriculation sur sa coque, visible de l’extérieur.
Las… Pour son premier cri, Marine n’a pas vraiment forcé sur les décibels : son numéro d’immatriculation extérieur fait 2 cm de haut pour 14 cm de long. Difficile, dans ces conditions, de se faire entendre au loin !
Enfin c’est un début : Marine ne pourra que progresser !
1 Art. 4 de l’arrêté du 8 avril 2009 relatif aux marques d’identification des navires de plaisance en mer.
Après l’obtention de l’AMFPC, l’étape suivante dans le parcours fédéral est le diplôme de Moniteur Fédéral Pagaies Couleurs (MFPC).
Cependant, je n’étais pas certaine de franchir le pas.
Mes hésitations
Des compétences insuffisantes
Aujourd’hui, je n’ai pas encore le niveau requis :
je n’ai pas les compétences pour former en eau calme ;
je progresse en esquimautage, mais je peux encore le rater, et esquimauter est indispensable pour obtenir l’option mer ;
mes compétences techniques sont encore très éloignées de celles attendues d’un moniteur en eau vive.
Un engagement vis-à-vis du club
La formation étant financée par le club, elle implique un engagement moral à faire progresser des adhérents, valider des Pagaies Couleurs ou encore contribuer à l’organisation de sorties.
L’augmentation des responsabilités
Obtenir le monitorat implique davantage de responsabilités.
En cas d’incident lors d’une sortie à laquelle je participerai, ma responsabilité sera davantage engagée.
Le regard des autres
Certains kayakistes ont tendance à dévaloriser les diplômes fédéraux, comme à critiquer les moniteurs dont le niveau n’est pas exceptionnel.
Mes bonnes raisons de me lancer
Malgré ces doutes, plusieurs arguments m’ont finalement convaincue.
Une motivation pour progresser
En m’inscrivant à la formation MFPC, j’aurai une motivation supplémentaire pour consolider mes compétences, notamment en esquimautage.
Trois ans pour atteindre le niveau requis
Le règlement du MFPC prévoit que l’inscription est valable pendant trois ans à compter du début de la formation.
Cette durée me semble largement suffisante pour acquérir les compétences nécessaires à la validation des options « eau calme » et « mer ».
Une formation est justement là pour apprendre : je n’ai donc pas besoin d’être prête immédiatement.
En outre, même si je ne valide pas l’option « eau vive », cette formation renforcera mes compétences et me permettra :
de recycler mon AMFPC EV ;
d’être plus facilement encadrée par les moniteurs ;
d’améliorer mes compétences en eau calme et en mer.
Des envies qui évoluent
Si je ne me sens pas encore en mesure d’organiser des sorties, j’ai rencontré plusieurs personnes qui, après avoir participé à de nombreuses navigations, prennent beaucoup de plaisir à organiser leurs propres sorties. L’envie vient souvent avec l’expérience.
Par ailleurs, accompagner la progression d’autres kayakistes et valider des Pagaies Couleurs sont aussi des façons de diversifier sa propre pratique.
Prendre davantage soin de ma propre sécurité
Je me suis déjà retrouvée dans des situations périlleuses.
Avoir davantage de responsabilités sera aussi une incitation à être davantage attentive à ma propre sécurité.
Des critiques à relativiser
Le monitorat est un diplôme qui valide une liste de compétences définies. Il convient de le prendre pour ce qu’il est, ni plus ni moins.
Il n’a jamais été nécessaire d’être un brillant kayakiste pour devenir moniteur.
BMRA et invité, sortie organisée par Pascal J. – Lundi 22 et mardi 23 juin 2026
Les Glénan, j’en avais beaucoup entendu parler et j’avais depuis longtemps envie de découvrir l’archipel.
Alors, lorsque Pascal J. propose une sortie un peu à la dernière minute — le jeudi 18 juin, pour les lundi 22 et mardi 23 juin —, je me jette sur l’occasion !
D’autant que cela faisait déjà plusieurs mois que j’attendais de participer à une sortie avec la BMRA. Pascal J. m’avait inscrite sur la liste de diffusion en septembre, à la suite d’un stage d’initiation à l’esquimautage groenlandais, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de me joindre à une de leurs sorties.
Restait à obtenir l’accord de mon employeur pour m’absenter les lundi et mardi. Ouf, celui-ci ne fut finalement pas bien difficile à décrocher !
Dimanche 21 juin 2026
Le départ étant prévu lundi matin à Beg-Meil, à près de trois heures de route de chez moi, je préfère partir dès le dimanche 21. Cela m’évitera de prendre la route aux aurores le lendemain.
J’arrive en début de soirée au camping Les Falaises. L’endroit est très agréable et, bonne surprise, les gérants m’installent sur un emplacement avec vue sur la mer.
Petit-déjeuner devant la mer au camping Les falaises
Lundi 21 juin 2026
J’arrive le lendemain matin à la cale de Beg-Meil avec un peu de retard : plusieurs routes infranchissables m’ont fait tourner dans tous les sens. Enfin, Pascal J., Jean et David ne semblent pas m’en vouloir.
Hop hop hop, je me dépêche de tout charger !
Nous mettons le cap sur l’île aux Moutons.
La navigation est très agréable. Le vent est léger et, sur l’eau, il fait beaucoup plus frais que sur le continent, où la température dépasse les 35 °C.
Le phare de l’île aux Moutons est très beau. Mais attention : tout débarquement sur l’îlot est interdit du 1er avril au 30 septembre afin de préserver la nidification des oiseaux.
En quittant les Moutons, oh joie, oh bonheur : nous rencontrons deux phoques très joueurs, qui restent longtemps à nos côtés et virevoltent sous nos kayaks.
Puis nous mettons le cap vers l’îlot rocheux de Castel Braz pour y pique-niquer. Le débarquement et l’embarquement ne sont pas des plus aisés, au milieu des rochers et des algues, mais ouf, aucun blessé !
Après le pique-nique, nous poursuivons notre navigation jusqu’à l’île du Loc’h, dont la famille Bolloré détient un bail emphytéotique.
Pause sur l’île du Loc’h ?
Nous gagnons ensuite Fort Cigogne, ancien fort militaire resté inachevé, aujourd’hui loué à l’école de voile des Glénans.
Nous rejoignons enfin la cale de l’île Saint-Nicolas, où nous débarquons avant de nous installer dans une chambre au gîte du Sextant.
Une fois posés, nous allons boire quelques bières à la terrasse de La Boucane. La température est décidément bien plus agréable que sur le continent !
Et, après le repas, nous partons faire le tour de l’île Saint-Nicolas, histoire de profiter encore un peu de la douceur de la soirée.
Mardi 23 juin 2026
Mince… À l’heure où j’écris ce compte-rendu, je dois bien avouer que ma mémoire est quelque peu défaillante concernant notre deuxième journée de navigation : je me souviens uniquement que ce fut une magnifique journée !
Pour en savoir davantage sur cette sortie, je vous invite à découvrir le compte-rendu complet de Pascal J., l’organisateur, sur son blog Randonnées kayak : les balades de Yanike !.
ESC Couëron, sortie organisée par Hervé B. –Mardi16 juin 2026
Depuis plus d’un an, Hervé rêve d’effectuer l’aller-retour entre Couëron et Mindin, ce quartier de Saint-Brevin-les-Pins où la Loire se jette dans l’océan, et ce, en une seule journée. Il avait déjà prévu de relever ce défi le 10 septembre 2025, mais un fort vent défavorable avait contrecarré ses plans.
Pour réussir une telle traversée, il faut en effet des conditions idéales : des marées favorables, un débit d’eau adapté, ainsi qu’une météo clémente.
De Couëron à Saint-Brévin-les-Pins
Une météo plus douce que prévu
Le mardi 16 juin, nous sommes quatre à nous lancer dans cette aventure : Hervé, Valérie, Jean-Marc et moi. La météo est parfaite et le débit de la Loire bas (226 m³/s), ce qui facilitera la remontée.
Hervé a prévu une mise à l’eau à 7h45 devant le bistrot Le Paradis, 10 minutes après la pleine mer. C’est de là que part et revient le bac qui relie Couëron au Pellerin. Nous embarquons juste après le départ d’un bac.
La descente jusqu’à Saint-Brevin-les-Pins nous prendra environ quatre heures. Nous effectuons une pause de 15 minutes à la cale des Caris, face à la Villa Cheminée. Cette œuvre de l’artiste japonais Tatzu Nishi mesure 15 mètres de haut. Elle évoque les cheminées de la centrale électrique de Cordemais voisine et porte un pavillon habitable.
Nous avons beaucoup de chance : après plusieurs jours de forte chaleur, la température est beaucoup plus douce que prévu.
Nous arrivons vers 12h00 à Mindin, soit une demi-heure avant la basse mer à Saint-Nazaire. Nous y sommes chaleureusement accueillis par le compagnon de Valérie. Un apéritif bien mérité et un pique-nique s’imposent.
Une pause à proximité du Serpent d’Océan
Hervé et moi en profitons pour aller admirer le Serpent d’Océan, l’imposante sculpture de l’artiste chinois Huang Yong Ping, située sur la plage du Nez du Chien, à deux pas de notre lieu de pause. Comme le décrit si bien la commune de Saint-Brevin :
L’immense Serpent d’Océan de l’artiste chinois Huang Yong Ping, dont le squelette apparaît comme issu d’une fouille archéologique. Son mouvement le rend vivant : on devine qu’il a traversé les mers pour venir échouer sa gueule démesurée sur cette plage. La ligne de ses vertèbres joue avec la courbe du pont de Saint-Nazaire, et la manière dont il se pose rappelle l’architecture des carrelets, ces pêcheries typiques de la côte atlantique.
Serpent d’Océan, de l’artiste chinois Huang Yong Ping
De Saint-Brévin-les-Pins à Couëron
Nous réembarquons vers Couëron vers 13h30.
À l’entrée de l’estuaire de la Loire, certains sont un peu lassés par la houle arrière.
Je craignais que les 76 km soient difficiles à tenir, alors je me suis ménagée à l’aller et je me sens en pleine forme. J’en profite pour m’amuser à poursuivre les voiliers et les petites embarcations motorisées.
Hervé avait estimé le retour à cinq heures maximum. Cela nous aurait amenés au Paradis vers 18h30, soit une demi-heure avant la pleine mer. Et devinez quoi ? Nous arrivons dans les temps, à quinze minutes près !
Le soir, c’est l’apéro célébration lors de notre réunion de club bimensuelle. 🎉Et, déjà, Hervé voit plus grand. Fort de cette victoire, il envisage de récidiver… mais cette fois en partant directement du club de Couëron. Celui-ci se trouve un peu plus en amont du Paradis. Autrement dit, un défi encore plus ambitieux !
Un membre de mon club m’a indiqué que les bons kayakistes atteignaient 6 km/h sur une longue distance. Sur une courte distance, ils pourraient monter à 8 km/h.
Parallèlement, un groupe de pratiquants de pirogue polynésienne monoplace (V1), très compétitif, a fixé ses propres critères. Pour intégrer son créneau, il faut atteindre au moins 8 km/h jusqu’à la Tour Carrée. Le groupe estime cette vitesse difficile à tenir.
Marine est confortable, mais aussi ample et lourde. Elle pèse environ 27 kg pour 5,26 mètres de long et 56 cm de large.
De mon côté, je suis en pleine forme, mais je ne suis plus toute jeune. Je suis ronde et pas tellement sportive. J’ai aussi repris le kayak il n’y a pas si longtemps.
Je m’amuse régulièrement à aller vite, mais je ne m’entraîne pas (encore ?) spécifiquement dans cet objectif.
Je me demandais donc quelle vitesse je pouvais réellement atteindre. J’espérais, sans trop y croire, franchir le cap des 8 km/h.
Après un premier essai, le dimanche 7 juin 2026, grande satisfaction personnelle : je maintiens facilement 8 km/h pendant une heure et demie !