Les RDV de l’Erdre (3/3) : une soirée féerique

NACK, parade organisée par Frédéric L. – Samedi 29 août 2026

Dur de repartir le soir après avoir attaqué le kayak de bonne heure.

Toutefois, je me suis engagée à être présente pour la parade en canoë organisée à l’occasion du festival Les Rendez-vous de l’Erdre et, en ville, l’atmosphère est magique.

Les illuminations sont splendides et les concerts de jazz de très belle qualité.

« Tu préfères aller à l’avant ou à l’arrière ? »

Humpf.

En canoë 2 places, c’est la personne à l’arrière qui assure la direction, tandis que celle à l’avant donne le rythme en pagayant. Et, ce soir, celle de devant ne donnera pas le rythme, puisqu’elle sera occupée à tenir les flambeaux.

J’aime bien garder la maîtrise de ma navigation, et pas trop le fait que ce soient — comme par hasard — presque systématiquement les femmes qui aillent à l’avant des canoës.

Enfin, je sens bien que mon partenaire du soir préfère être à l’arrière, alors j’opte pour l’avant.

On récupère les flambeaux. Ils gouttent et il faut que je les tienne en croix, la partie allumée suspendue au-dessus de l’eau. Pffff, dans quelle galère je me suis encore embarquée ?

Mais…

Après quelques tâtonnements, je trouve une manière tout à fait agréable de tenir les flambeaux. La foule se réveille à notre passage. Mon partenaire de navigation nous mène à un endroit où je n’aurais pas osé aller, idéalement situé devant la scène. Et le concert est vraiment beau.

Wahou, j’ai vraiment bien fait de venir !

Les RDV de l’Erdre (2/3) : la découverte d’une carte malicieuse

NACK, sortie proposée par mes soins – Samedi 29 août 2026

Une carte espiègle…

Pour accompagner la flotte de bateaux participant au festival Les Rendez-vous de l’Erdre dans sa descente de l’Erdre jusqu’au centre-ville de Nantes, nous faisons deux haltes. La première au S.N.O. Nantes, le club de voile, puis la seconde au club nautique l’ANCRE.

C’est là que nous découvrons une drôle de carte.

Créée par l’agence nantaise Grrr, elle raconte l’Erdre et ses abords avec un humour assez réjouissant. En quelques petites phrases, elle nous fait redécouvrir des lieux que l’on croit bien connaître.

On y apprend par exemple que l’Aviron Rowing Club de Sucé-sur-Erdre :

« C’est quand même un club d’aviron où on apprend à naviguer sur des gondoles ! Les Mascaretta, ce sont des gondoles de courses. C’est un beau bateau »

Ou encore, à propos de port Jean :

« Ici, il y a une petite paillote dans laquelle tu peux boire le vin des vignes qui surplombent Port Jean, et de délicieux plats de poissons directement pêchés dans l’Erdre. »

Cependant, il y figure aussi quelques petites piques, notamment celle adressée à Patrice Martin, le célèbre skieur nautique, dont le caractère est, paraît-il, aussi trempé que l’Erdre :

« Quand on s’approchait on comprenait qu’on n’avait rien à faire là ».

… où les kayakistes en prennent pour leur grade

Parce qu’évidemment, nous n’allions pas y échapper.

La carte précise :

« Pour les chambrer : les rameurs on les surnomme des culs à roulettes, et les kayakistes des culs-de-jatte »

Mais… mais… pourquoi ?

Pour les rameurs, l’explication est assez facile à comprendre : ils sont assis sur des sièges à roulettes, qui leur permettent d’avancer et de reculer à chaque coup de rame.

Voici donc des « culs à roulettes ».

Charmant.

Pour les kayakistes, c’est encore mieux.

Comme nous sommes assis très bas dans nos bateaux, avec les jambes soigneusement cachées à l’intérieur, nous donnons apparemment l’impression de naviguer sans jambes.

Nous voilà donc des culs-de-jatte.

Délicieux.

La carte serait disponible dans tous les centres nautiques qui bordent l’Erdre.

Toutefois, je me demande si cette carte finira un jour affichée dans notre base nautique.

Certains, vexés, auraient-ils obtenu qu’elle en soit définitivement bannie ?

Et puisqu’on parle de culs-de-jatte

J’ai découvert au passage l’expression « départ en cul-de-jatte »

C’est lorsqu’un kayakiste, assis dans son bateau sur la plage, utilise sa pagaie comme une béquille pour se pousser progressivement vers l’eau.

Très élégant.

Les RDV de l’Erdre (1/3) : quand le mauvais temps n’enlève rien au plaisir

NACK, sortie proposée par mes soins – Samedi 29 août 2026

Et si on rejoignait la flottille des Rendez-vous de l’Erdre ?

Samedi, c’est navigation. Samedi, c’est Les Rendez-vous de l’Erdre, un grand festival de jazz qui rassemble également une flotte de bateaux remarquables.

Les bateaux partiront à 10 h de Sucé-sur-Erdre, en direction du cœur de Nantes, en effectuant plusieurs haltes nautiques.

Je propose de les rejoindre et j’ai quatre partants. Yes !

Oui, oui, c’est peu. Cependant, sur l’Erdre, dès qu’il s’agit de sortir de l’éternel aller-retour hebdomadaire, il est difficile de motiver les troupes.

La joie de naviguer dans le vent…

Le Chantenay, construit en 1888 et classé Monument historique. Ce bateau réalisait la liaison Quai de la Fosse – Port de Trentemoult. 

« Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin. »

Bon, en vrai, il n’y a pas eu de pluie que le matin, mais presque toute la journée.

Et du vent aussi. Du bon gros vent : les rafales pouvaient dépasser les 50 km/h.

Et oui, un kayakiste peut consulter la météo agricole !

Mais c’est marrant, le vent, de dos comme de face, non ? Pour le vent de travers, je garde encore ma réserve.

Et je ne suis pas la seule à me réjouir de naviguer face au vent : un copain m’a spontanément dit partager cette joie. Une espèce bien trop rare !

… au cœur de la belle plaisance

Le festival met à l’honneur une flotte essentiellement composée de petits bateaux qui répondent à des critères précis d’élégance et de rareté.

Nous pensions la rejoindre à Port Jean, mais finalement, nous sommes montés jusqu’à Sucé-sur-Erdre

Et nous avons été de vrais petits privilégiés, à pouvoir nous glisser au milieu de cette belle flotte, pour redescendre l’Erdre.

… entre deux airs de jazz

Chaque escale nautique a été ponctuée de petits concerts jazz.

Le duo Abel, au S.N.O.

Le duo Abel était probablement sympa, mais il jouait dans une salle intérieure bruyante du S.N.O., pendant qu’un apéritif était servi à l’extérieur. Autant dire qu’il était impossible de l’écouter !

Les Anchahuteurs, à l’ANCRE.

À l’ANCRE, j’ai bien apprécié Les Anchahuteurs, qui ont rencontré un vif succès auprès des participants en reprenant, pour l’occasion et au cours du repas, des chants marins.

Pardon ? Oui, oui, je l’avoue : nous nous sommes incrustés à l’apéro, comme sous les barnums destinés au pique-nique de la flottille.

À l’apéro il y avait du muscadet produit juste à côté… Comment résister ?

… réunis par l’amour de la navigation

Pas de kayak au sein de la belle plaisance, mais nous avons tout de même croisé un beau canoë.

Une copine m’a indiqué avoir aperçu une splendide pirogue en bois la veille. Malheureusement, elle n’était pas présente aujourd’hui.

Une petite goutte d’eau s’est invitée sur mon objectif…

Et si l’on peut parfois croire que c’est la guéguerre entre kayakistes et voileux, il n’en est rien.

Beaucoup de kayakistes font, ou ont également fait, de la voile, voire de la voile-aviron.

Et l’on est heureux de retrouver, ici et là, certains de nos compagnons de navigation, rencontrés habituellement en kayak.

Ceux du bateau bleu, ce sont aussi des kayakistes !

… avec un camarade aux bons réflexes

Un sur quatre… bien joué !

Lorsqu’on fait une halte sous la pluie, il est bien avisé de retourner son kayak afin d’éviter qu’il ne se remplisse d’eau. Pourtant, un seul d’entre nous y a pensé. À votre avis, qui est-ce ?

Bon, maintenant, reste à retrouver quelques forces avant la soirée !

Quiberon, quand le vent impose sa loi

En duo avec Christian P. –  Dimanche 23 août 2026

Le tour de la baie de Quiberon… Oui, non… oui, non ?

Avec un vent de terre de force 4 à 5, où naviguer ? Depuis plusieurs jours, nous hésitons entre Étel, le Golfe et la baie de Quiberon. Finalement, nous nous décidons pour un tour de la presqu’île.

Arrivés sur le parking de la biscuiterie La Trinitaine, à Penthièvre, nous sommes refroidis. Nous réalisons que, sur ce côté de la presqu’île, un vent de travers nous attend, et ce sur au moins une dizaine de kilomètres.

Et puis, il y a l’isthme, cette fine bande de terre qui relie Quiberon au continent. Annoncée comme large d’une vingtaine de mètres, elle nous semble bien plus longue… Sans compter la fatigue de la longue sortie de la veille !

Un ou deux rolls, et à l’ouest toute !

Nous optons finalement pour un départ de l’autre côté de l’isthme et pour un aller-retour le long de la côte ouest de la presqu’île, où nous serons un peu mieux abrités.

Je me motive pour tenter un ou deux esquimautages avant de filer, tant que j’ai encore de l’énergie. La veille, en fin de sortie, je n’avais aucune envie d’en réaliser.

Photo prise par Christian P., amusé par mon masque.

Avec la pagaie cuillère et les mains en position de navigation, c’est une réussite. En revanche, la technique « Pawlata », pourtant réputée plus fiable, me résiste cette fois. Pffff… Vivement que je maîtrise l’esquimautage à tous les coups !

On passe près du joli Fort de Penthièvre… et ma photo est ratée.

Lionel Allorge, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Certains passages sont magnifiques, mais globalement, le paysage autour de la presqu’île ne m’emballe pas, même sur la côte sauvage. La fatigue ? Le temps grisâtre ?

Des intermèdes lumineux…

… mais un temps assez couvert

Peu importe : avancer dans ce vent de force 4 à 5 est grisant, et je recommencerais sans hésiter ! Et, finalement, je ne suis d’ailleurs pas si abritée que ça, puisque je m’éloigne assez de la rive.

Nous trouvons une petite plage pour pique-niquer avant d’arriver au splendide château de Turpault. Et cette fois, si j’ai une photo plutôt sympa, je la supprime par erreur, en faisant le tri au retour.

Photo prise par Christian P.
Anthony Levrot, Wikimedia Commons, Licence CC BY-SA 4.0

Décidément, ce ne sera pas un week-end photo ! Ni même un week-end média : la télécommande de ma caméra d’action, offerte pour mon anniversaire, refuse de coopérer.

Aller-retour vers Groix et tour de l’île, en une journée


En duo avec Christian P. –  Samedi 22 août 2026

Groix… Groix… J’y aurais bien passé la nuit, pour visiter un peu l’île.

Toutefois, il vaut mieux la voir un peu que pas du tout ! Et le vent risque d’être trop fort pour rentrer dimanche.

Ce sera donc un aller-retour et un tour de l’île dans la journée, soit environ 35 km. Et, faute d’avoir trouvé d’autres compagnons de navigation, ce sera exceptionnellement une virée à deux.

La façade tournée vers le continent, une façade animée

Le départ s’effectue depuis la plage de Porh Puns, à la pointe de Gâvres, avec un cap au 215°.

Cette plage se situe à une vingtaine de minutes du camping de Saint-Cado, où j’avais déjà séjourné récemment.

Le vent contre le courant forme de petites vagues à l’approche de l’île.

Nous arrivons à Port-Tudy, où la circulation maritime est très intense : de nombreux bateaux, notamment des ferries, entrent et sortent du port.

Matthieu FAURE, Flickr,
CC BY-SA 2.0

Le port est magnifique et très animé, mais je ne parviens pas à prendre une seule photo. Et pour cause : une fois à Port-Lay, je me rends compte que j’avais inséré la batterie de mon appareil à l’envers.

Par ailleurs, pas question d’y traîner : on nous indique que les kayaks sont interdits dans le port. Savent-ils que nous ne sommes pas des embarcations de plage, mais des navires immatriculés ?

J’ai omis d’aborder le sujet. Je n’y ai pas pensé et, de toute façon, nous n’avions pas prévu de nous y attarder.

Port-Lay est un autre joli petit port de l’île de Groix, plus calme et plus simple.

Pmau, Wikipédia Commons, CC BY-SA 4.0

Des jeunes s’amusent à sauter depuis les digues qui le protègent.

Nous poursuivons ensuite notre route vers Pen Men.

La face océanique, une façade plus tranquille

Passé Pen Men, le calme règne.

Nous passons devant l’amer de Saint-Nicolas, un repère utilisé en navigation pour s’orienter.

Photo prise par Christian P.

Nous faisons une halte pour pique-niquer à Port Saint-Nicolas, où nous croisons plusieurs groupes de kayakistes, dont des membres du club de kayak de Vannes.

C’est reparti.

Quelques remous se forment devant la pointe des Chats, en raison des hauts-fonds.

Passage devant le phare de la pointe des Chats

Retour serein et dicton vérifié

Le retour s’effectue sans difficulté, avec un cap à 30°.

Nous passons devant un impressionnant vraquier de 229 mètres, qui vient de traverser l’Atlantique, le Sunrise Trader.

Moi, au pied du Sunrise Trader, photographié par Christian P.

Certains pensaient que le parcours serait un peu trop ardu, mais nous aurions tous deux pu pagayer encore longtemps.

Somme toute, le proverbe marin « Qui voit Groix voit sa joie » se vérifie une nouvelle fois !

Étel, l’OC1 gagnant ?

Surfski & Co, formation avec Éric Garnier – 14 août 2026

De la découverte en eau plate…

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux lieux, mais aussi de nouveaux supports de navigation.

Et, aujourd’hui, c’est ma première en OC1. Je me suis offert deux cours avec Éric Garnier, de Surfski & Co, sur la Ria d’Étel, pour mon anniversaire.

De bon matin, Éric et moi embarquons à la pointe du Perche. Nous mettons le cap sur les petites îles alentour, notamment l’île de Riech’h et celle de Fandouillec.

Nous avons parfois un peu de courant contre nous. Cependant, l’eau est calme et les conditions sont idéales pour débuter.

L’ama, le flotteur latéral, est réglable. Petit à petit, Éric le passe de la position la plus stable — mais moins performante — à la position plus instable, qui permet une meilleure glisse.

Nous croisons une importante colonie de cygnes.

L’OC1 est vraiment confortable. Le plaisir est immédiatement au rendez-vous et je ne rencontre aucune difficulté particulière.

Nous échangeons sur les avantages et les inconvénients de l’OC1 comparé au V1.

Grosso modo, l’OC1 est un peu moins rapide que le V1. En revanche, grâce à son gouvernail, il se dirige beaucoup plus facilement. Et il présente également un avantage non négligeable, à l’image du surfski : c’est une embarcation de type « sit-on-top », insubmersible. Le V1, quant à lui, est une embarcation pontée qui peut se remplir d’eau en cas de chavirage.

En fin de session, j’essaie un surfski, car j’hésite encore un peu entre les deux, pour la session de l’après-midi et, qui sait, peut-être même pour une acquisition.

Quelques ronds dans l’eau me suffisent à me décider : cet après-midi, ce sera encore OC1 !

Photo : Éric Garnier, de Surfski & Co.

Avec ma morphologie, l’OC1 est beaucoup plus confortable. J’aime aussi être un peu plus en hauteur et changer complètement ma manière habituelle de pagayer.

…  aux premières vagues

L’après-midi, nous embarquons avec un père et sa fille sur la rivière du Sac’h, à côté des terrains de pétanque situés route de Brizeux, en direction de la barre d’Étel. Au menu : courants et petites vagues.

Certains se baigneront plusieurs fois. Éric me donne quelques conseils et, encore une fois, tout glisse. L’OC1 est bel et bien adopté.

Cela fait un moment que j’ai envie de me mettre au canoë. En rivière, ça risque d’être compliqué, dans mon secteur, même si je pourrais toujours aller faire un tour, un de ces quatre, à l’Open Canoë Festival.

L’OC1, conçu pour la mer, pourrait donc être le compromis idéal : je resterais sur mon terrain de jeu habituel, en retrouvant les sensations du canoë.

🏕️ Où dormir ? 🍴 Où manger ?

Je suis retournée au camping de Saint Cado, à Belz, où j’avais déjà séjourné lors de sorties avec les associations CK/mer et TGKM.

Ce camping est idéalement situé : on peut y charioter directement les kayaks pour naviguer sur la rivière d’Étel.

Il se situe également à proximité de La petite maison aux volets bleus, en face de laquelle se trouvent plusieurs bars-restaurants bien sympathiques.

J’ai d’ailleurs repris des moules-frites chez Madame Mouette. J’ai progressé : cette fois-ci, j’ai mangé seule, en terrasse, bien exposée aux yeux de tous.

Un tour de lac et quelques rolls

Sortie entre ami.e.s, organisée par Marie-Pierre – Samedi 8 août 2026

Bordeaux, Bordeaux… Mais c’est que je connais des kayakistes, près de Bordeaux, depuis le stage d’esquimautage organisé par le Comité régional Nouvel Aquitaine !

Je poste un message dans le vieux groupe WhatsApp en sommeil, et les réponses sont presque immédiates.

Marie-Pierre propose de me prêter un kayak pour effectuer une balade sur le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet, suivie d’une petite séance d’esquimautage. Et Pascal M. prévoit de nous rejoindre, en milieu d’après-midi, pour la partie esquimautage.

Rentrera, rentrera pas ?

Marie-Pierre arrive pile poil au moment où mon train entre en gare. Je suis ravie de la retrouver.

Nous filons vers le lac en traversant des paysages très boisés. Sur notre passage, aucune trace des incendies qui ont ravagé la région. Et pourtant, celle-ci, comme ses habitants, en a été profondément marquée.

C’est le moment d’essayer le Romany classic que Marie-Pierre m’a apporté. Normalement, ça devrait passer : nous avons pris les mesures des sièges de nos kayaks respectifs.

J’angoisse un peu, mais je suis rassurée à la vue d’un loueur de kayaks : si jamais je ne tiens pas dans son Romany, j’aurai toujours une solution de repli.

En fin de compte, mon popotin rentre parfaitement dans le kayak, mais ça coince un peu au niveau des cuisses, avec l’hiloire Keyhole aux rebords bien larges. Ce ne sera pas le grand confort, mais qu’importe : l’essentiel est que je puisse naviguer.

Et Marie-Pierre est vraiment aux petits soins : elle a pensé à tout, de la pagaie au sac étanche.

Une tranquillité en trompe-l’œil

Le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet fait 5 600 hectares. C’est le deuxième plus grand lac de France. Il s’étend à cheval entre la Gironde et les Landes.

Nous entamons son tour depuis la plage de Canton, puis longeons la rive landaise en direction de Biscarrosse. Les côtes, verdoyantes, défilent dans une atmosphère paisible.

Cependant, cette tranquillité apparente est trompeuse : derrière ce décor serein, se cache un véritable champ de tir.

D’innombrables tonnes de chasses

Tout le long du rivage, des groupes d’hommes s’affairent autour de cabanes percées de multiples meurtrières.

Marie-Pierre m’explique que ce sont des chasseurs à la tonne, venus préparer l’ouverture de la chasse aux oiseaux migrateurs, prévue une quinzaine de jours plus tard.

Pour attirer les canards, ils installent des leurres en plastique appelés « blettes », ainsi que de véritables canards, les « appelants ».

Et, bientôt, du crépuscule au petit matin, le lac résonnera des coups de feu des chasseurs.

Une base militaire active

Mais le calme du lac n’est pas seulement rompu par les chasseurs à la tombée de la nuit.

Marie-Pierre me raconte aussi que les grondements des avions, comme les détonations, peuvent également ponctuer les journées.

Près du lac se trouve en effet la base aérienne de Cazaux, un important site militaire, dédié à l’entraînement au tir et au bombardement.

Changement de décor

Du côté de Biscarrosse, le lac devient plus animé. Il y a du monde sur les plages et les bateaux à moteur se font nombreux. Nous croisons plusieurs personnes pratiquant le ski nautique.

Nous trouvons néanmoins un coin tranquille pour pique-niquer.

Après le déjeuner, nous coupons à travers le lac. Il ne faut pas trop s’approcher de la base militaire et Pascal M. nous attend.

Le vent se lève et, à l’approche de l’arrivée, des vagues se forment sur le lac.
Ce ne sont pas des vagues énormes, certes. Mais elles me surprennent, compte tenu du calme parfait qui régnait au départ et du fait que nous sommes sur un lac.

L’esquimautage, entre réussites et ratés

Pascal M. est là. À peine arrivée, il s’enquiert de notre pratique de l’esquimautage.

Surpris que nous n’en ayons pas encore tenté, il me met tout de suite au travail.

Usuellement, avant d’esquimauter, il me faut suivre tout un rituel assez laborieux, comportant quelques exercices avec un paddle float. Cependant, cette fois, je me lance directement, avec une pagaie groenlandaise.

J’esquimaute assez laborieusement… mais j’esquimaute ! Pascal M. me recommande quelques ajustements et c’est tout de suite plus fluide.

On passe alors à la pagaie européenne. Ne sachant plus trop comment procéder, je joue la prudence et esquimaute à la « Pawlata » : en tenant une pale avec une main pour bénéficier d’un grand bras de levier.

Après quelques conseils supplémentaires de Pascal M., j’arrive aussi rapidement à esquimauter, de manière plus classique, avec la pagaie européenne.

Nous faisons une petite pause goûter et je commence à rêver : maintenant que je maîtrise l’esquimautage d’un côté, je vais pouvoir passer à l’apprentissage de l’autre !

Cependant, à la reprise, horreur, malheur : rien ne va plus. Je n’arrive même plus à esquimauter de mon bon côté.

Il va encore falloir que je m’entraîne.

Maintenant, en route pour une petite bière et quelques encas bien mérités !

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi parle-t-on de chasseurs à la tonne ?

Dans les Landes, l’expression « chasse à la tonne » trouve son origine dans une ancienne pratique : les chasseurs se glissaient dans de véritables tonneaux pour rester cachés tout en guettant les canards.

Arcachon et Bordeaux, l’art de la décadence

Excursions touristiques guidées  – Samedi 8 et lundi 10 août 2026

Le mardi 11 août, j’ai une grosse réunion professionnelle à Bordeaux.

Je décide donc de m’y rendre dès le week-end précédent, pour visiter Arcachon et Bordeaux, avant de travailler dans les locaux bordelais lundi.

Enfin, visiter… Visiter et faire du kayak, évidemment !

Je contacte le club d’Arcachon, qui se fait un plaisir de m’accueillir, avec un programme particulièrement alléchant : l’île aux oiseaux, les cabanes tchanquées,…

Mais, mince ! Leur sortie démarre à 8h30… et le premier train depuis Bordeaux, où je passerai la nuit, ne me permet pas d’arriver à temps.

C’est donc raté pour moi, et me voilà partie en roue libre.

L’art de la décadence : stade 1

Impossible de faire du kayak avec le club… mais impossible aussi de renoncer au kayak, comme à l’île aux oiseaux et aux cabanes tchanquées.

À peine arrivée à la gare d’Arcachon, je cours donc afin d’arriver à temps pour une balade en sit-on-top avec Arcachon Kayak Aventure.

J’ai un peu de retard, et les autres participants sont déjà prêts, mais je peux tout de même rejoindre le groupe.

C’est assez amusant d’entendre le petit briefing sur la manière de pagayer. En revanche, c’est beaucoup moins marrant de naviguer en sit-on-top. La position pour pagayer n’est pas du tout agréable. Enfin, c’est toujours mieux que rien !

Nous partons.

Régulièrement, lors des sorties en kayak de mer, les organisateurs nous demandent de bien rester groupés, afin d’être plus facilement repérables et de moins gêner les bateaux.

Au final, il n’en passe souvent qu’un ou deux à proximité. Mais, là, il y en a vraiment partout. Il faut constamment garder les yeux ouverts.

Enfin, nous voilà rapidement devant les deux jolies cabanes tchanquées.

Nous montons sur la cabane tchanquée blanche, la seule dont on peut faire intégralement le tour.

Depuis celle-ci, nous bénéficions d’une splendide vue sur l’île aux oiseaux, un site naturel protégé dont la superficie oscille entre 1 700 hectares à marée basse et 100 à pleine mer.

Mais… mais… mais… qui l’eût cru ? Cette sortie m’apprend une petite astuce : pour éviter de porter loin les kayaks, lorsqu’on débarque sur une plage, à marée montante, on peut planter une demi-pagaie, bien profondément dans le sable, et les y accrocher !

L’art de la décadence : stade 2

Comment quitter Arcachon sans avoir vu la Dune du Pilat ? Et quoi de mieux que de l’admirer depuis l’océan ?

Hélas, avec les marées actuelles, impossible de s’en approcher en kayak.

À peine débarquée du sit-on-top, je reprends donc ma course, pour arriver à temps pour le départ de ce que nombre de kayakistes dénomment… le promenade couillon !

Le circuit nous emmène le long de la belle presqu’île du Cap Ferret. Puis, la majestueuse Dune du Pilat apparaît enfin devant nous.

Fière couillonne, à Arcachon

Je n’ai pas eu le temps de déjeuner. Après l‘excursion « La littorale, de l’île aux portes de l’océan », il est 17h et je suis affamée. Toutefois je ne suis pas tentée par un sandwich et j’ai une grosse envie de moules-frites.

Je passe devant un restaurant qui en propose, mais il est désert et je n’ose pas y entrer. Je peux mener à bien beaucoup d’activités seule : aller au cinéma, à un concert, à un festival… Mais le restaurant, ça me gêne encore.

Je continue un peu et arrive face à la pizzeria Alma Mia, très bien notée, devant laquelle un couple termine son repas. Je prends mon courage à deux mains et décide de m’y attabler à mon tour.

Oui, tout mon courage. Pour moi, ce n’est pas facile de manger seule au restaurant. Et encore plus quand j’ai envie d’y déguster une pizza, à 17 h, en étant bien enrobée.

La serveuse est un peu surprise, mais m’installe.

— Pas la terrasse !

J’ai assez pris l’air pour aujourd’hui. Et, surtout, je préfère me faire discrète.

On me trouve donc une place en salle. Je commande une belle et grande pizza, accompagnée d’une bière, et dévore le tout sans le moindre complexe.

Je suis satisfaite de moi. Hum… Très très satisfaite, même.

Mais, comme pour l’esquimautage, une réussite ne fait pas encore un acquis. Il faut donc recommencer.

Ce qui fut fait dès le lundi soir… à Bordeaux, après une nouvelle virée en promenade couillon !

Fière couillonne, à Bordeaux

Le lundi 10 août, il fait bien chaud quand je termine ma journée de travail à Bordeaux. J’ai envie de découvrir la ville, mais je n’ai pas vraiment envie de marcher sous le cagnard. C’est donc le retour au promenade couillon.

Boire un verre de vin de Bordeaux, seule, en promenade couillon, c’est presque tout oser, non ?

La balade est plutôt sympa. On passe devant la Cité du Vin, et j’apprécie particulièrement les anecdotes sur les différents ponts de Bordeaux.

Et, cette fois, ensuite, j’ai eu mes moules-frites !

Après le dîner, il fait plus frais. Alors, pour clôturer cette belle soirée, je m’offre une petite visite de Bordeaux, avant de regagner mon Airbnb.

La ville est joyeuse et paisible. Je m’y sens parfaitement en sécurité.

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi « tchanquées » ?

Le mot « tchanqué » vient du gascon « chancas », qui signifie « échasses ». Il fait référence aux longues échasses traditionnellement utilisées par les bergers landais pour se déplacer dans les marais et surveiller leurs troupeaux.

Les cabanes tchanquées sont nées de l’idée d’un ostréiculteur qui, au XIXe siècle, fit construire une cabane sur pilotis afin de pouvoir observer plus facilement ses parcs à huîtres.

Par analogie avec les bergers landais juchés sur leurs échasses, ces cabanes élevées sur de hauts pilotis ont ainsi été qualifiées de « tchanquées ».

Cap sur Molène, 4 jours en kayak de mer

TGKM, sortie organisée par Christian P. Du jeudi 23 au dimanche 26 juillet 2026

Mercredi 22 juillet 2026

Afin d’arriver à l’heure le jeudi 23 sans être trop fatiguée par la route, je prends la route la veille. Je ne m’attarde pas en chemin afin d’arriver avant la fermeture de l’accueil du camping de Portsévigné, situé à une dizaine de minutes de la plage de Porsmoquer.

Ouf, j’arrive juste à temps ! Le camping surplombe la mer et la vue est magnifique. Pour profiter pleinement du paysage, je décide de dîner au petit bar-restaurant attenant, Le Portze.

Arrivée au camping de Portsévigné

Vient ensuite le montage de la tente. Je peine un peu avec cette petite tente une place conçue pour le bivouac : c’est la première fois que je l’installe. Avec le recul, il aurait sans doute été plus raisonnable de la monter une première fois chez moi, ne serait-ce que pour vérifier qu’aucun piquet ne manque. Heureusement, tout est là et, après quelques hésitations, la tente tient enfin en place !

La nuit tombe sur le camping de Portsévigné

Jeudi 23 juillet 2026

Rase-cailloux vers l’Aber Ildut – 23 km

La nuit a été un peu fraîche, mais quelques minutes de route suffisent pour rejoindre Christian, l’organisateur de la sortie, ainsi que Fanch et Michèle.

Aujourd’hui, nous longeons la côte en « rase cailloux » en direction de l’Aber Ildut, dans l’attente d’un autre participant, qui ne sera disponible que le lendemain. Après un pique-nique à l’entrée de l’aber, où est installée une petite exposition historique consacrée aux soins apportés aux « gens de la mer », nous nous engageons dans l’Aber Ildut.

Exposition de clichés de Jacques de Thézac devant Maison feu de Lanildut

La quiétude du paysage est soudainement rompue par la sortie à toute allure d’un canot tous temps de la SNSM.

Canot tous temps SNS 12-05 Président Salaün

Vendredi 24 juillet 2026

En route vers Molène – 15 km

Finalement, le participant que nous attendions ne pourra pas nous rejoindre. Quant à Michèle, elle décide de renoncer à la traversée vers Molène.

Après une nuit passée en bivouac sur la plage, il est temps de reprendre la mer. Christian, Fanch et moi mettons le cap sur Molène, située à une quinzaine de kilomètres au large. La traversée en pleine mer est un véritable régal. Peu à peu, les îlots se dessinent à l’horizon. Nous atteignons finalement l’îlot Morgol. Cet îlot a une saveur toute particulière pour moi. « Morgol » est le nom du kayak de mer du club de Nantes avec lequel j’ai effectué la quasi-totalité de mes premières sorties en kayak de mer.

L’îlot Morgol

L’arrivée sur Molène est magnifique. Dès notre approche, l’île dévoile tout son charme et donne envie de prendre le temps de la découvrir.

Les premiers pas de Marine sur Molène
Christian et moi, photographiés par Fanch

Le camping, situé à quelques pas de la cale, est simple mais très agréable. On y trouve tout le nécessaire, et les deux douches bien chaudes sont particulièrement appréciées après une journée passée sur l’eau.
En début de soirée, nous faisons le tour de l’île à pied. Cette boucle d’environ 4 km nous permet d’en découvrir les paysages et l’atmosphère paisible. Et, pour terminer la journée en beauté, nous allons partager quelques bières et frites chez Albin.


Samedi 25 juillet 2026

Virée au phare de Kéréon

Le lendemain, nous croisons, côté nord de Molène, quelques dauphins qui se laissent approcher. Nous contournons ensuite l’île par le sud afin de profiter de la marée montante pour remonter en direction d’Ouessant.

Nous poursuivons notre route jusqu’au phare de Kéréon, dont nous faisons le tour, attentifs aux premiers signes de la renverse de marée.

Le phare de Kéréon, situé juste devant Ouessant

Puis vient le moment du retour, porté par le courant descendant. D’îlot en îlot, nous progressons tranquillement, interrompant au passage la sieste de quelques phoques.

On dirait une tortue, non ?

L’un d’eux décide de nous accompagner pendant près de 2 kilomètres. Une escorte aussi insolite qu’exceptionnelle pour une traversée en mer.


Dimanche 26 juillet 2026

Retour vers le continent – 14 km

C’est dimanche, déjà l’heure du retour.

La mer nous réserve une dernière difficulté : environ un mètre de houle, légèrement croisée, ainsi qu’une brume dense qui réduit notre visibilité. Je suis un peu inquiète. Par moments, j’ai l’impression que nous tournons en rond.

Heureusement, nos compas nous aident à conserver le bon cap. Peu à peu, la côte se dessine et finit par apparaître franchement devant nous.

Il reste toutefois un dernier obstacle à franchir : le chenal du Four, qui peut se montrer particulièrement joueur. Le courant s’y renforce et la houle y gagne encore en ampleur.

Le passage est assez long pour laisser le temps de s’adapter. Peu à peu, l’appréhension du début laisse place à la sérénité, puis au plaisir. Je me surprends finalement à profiter pleinement des vagues et à savourer ces derniers instants en mer.

Retour à Sucé-sur-Erdre, en Vital

En solo, au départ du NACK – Dimanche 19 juillet 2026

Du Nack à Sucé-sur-Erdre, A/R

Après avoir réalisé l’aller-retour NACK-Sucé-sur-Erdre en kayak de mer, il était temps de le réaliser en Vital !

Mon départ est très hésitant. Le vent est assez important et je n’ai navigué qu’une dizaine de fois en Vital — un kayak de fitness bien plus instable que le kayak de mer. Je crains d’être déstabilisée et de me renverser. Et puis, il y a aussi cette pagaie cuillère, que j’ai choisie tout en ne l’ayant encore jamais utilisée en Vital…

Mais bon, après quelques tergiversations, c’est parti !

Et là, aucun regret ! J’avance sans la moindre difficulté — si ce n’est que mon chapeau a régulièrement tendance à s’échapper de ma tête. 😄

Le port de Sucé-sur-Erdre est très beau.

Port de Sucé-sur-Erdre

Je ne résiste pas : c’est l’occasion d’une petite récompense gourmande bien méritée. Le Choco Liégeois du bar-restaurant le Maïna est divin. Cette glace, cette crème fouettée, ce chocolat maison…

Choco Liégeois, chez Maïna

Je ne manquerai pas d’y retourner !

Et sur le retour ? L’eau brille et clapote… un moment de délice. ✨