Un tour de lac et quelques rolls

Sortie entre ami.e.s, organisée par Marie-Pierre – Samedi 8 août 2026

Bordeaux, Bordeaux… Mais c’est que je connais des kayakistes, près de Bordeaux, depuis le stage d’esquimautage organisé par le Comité régional Nouvel Aquitaine !

Je poste un message dans le vieux groupe WhatsApp en sommeil, et les réponses sont presque immédiates.

Marie-Pierre propose de me prêter un kayak pour effectuer une balade sur le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet, suivie d’une petite séance d’esquimautage. Et Pascal M. prévoit de nous rejoindre, en milieu d’après-midi, pour la partie esquimautage.

Rentrera, rentrera pas ?

Marie-Pierre arrive pile poil au moment où mon train entre en gare. Je suis ravie de la retrouver.

Nous filons vers le lac en traversant des paysages très boisés. Sur notre passage, aucune trace des incendies qui ont ravagé la région. Et pourtant, celle-ci, comme ses habitants, en a été profondément marquée.

C’est le moment d’essayer le Romany classic que Marie-Pierre m’a apporté. Normalement, ça devrait passer : nous avons pris les mesures des sièges de nos kayaks respectifs.

J’angoisse un peu, mais je suis rassurée à la vue d’un loueur de kayaks : si jamais je ne tiens pas dans son Romany, j’aurai toujours une solution de repli.

En fin de compte, mon popotin rentre parfaitement dans le kayak, mais ça coince un peu au niveau des cuisses, avec l’hiloire Keyhole aux rebords bien larges. Ce ne sera pas le grand confort, mais qu’importe : l’essentiel est que je puisse naviguer.

Et Marie-Pierre est vraiment aux petits soins : elle a pensé à tout, de la pagaie au sac étanche.

Une tranquillité en trompe-l’œil

Le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet fait 5 600 hectares. C’est le deuxième plus grand lac de France. Il s’étend à cheval entre la Gironde et les Landes.

Nous entamons son tour depuis la plage de Canton, puis longeons la rive landaise en direction de Biscarrosse. Les côtes, verdoyantes, défilent dans une atmosphère paisible.

Cependant, cette tranquillité apparente est trompeuse : derrière ce décor serein, se cache un véritable champ de tir.

D’innombrables tonnes de chasses

Tout le long du rivage, des groupes d’hommes s’affairent autour de cabanes percées de multiples meurtrières.

Marie-Pierre m’explique que ce sont des chasseurs à la tonne, venus préparer l’ouverture de la chasse aux oiseaux migrateurs, prévue une quinzaine de jours plus tard.

Pour attirer les canards, ils installent des leurres en plastique appelés « blettes », ainsi que de véritables canards, les « appelants ».

Et, bientôt, du crépuscule au petit matin, le lac résonnera des coups de feu des chasseurs.

Une base militaire active

Mais le calme du lac n’est pas seulement rompu par les chasseurs à la tombée de la nuit.

Marie-Pierre me raconte aussi que les grondements des avions, comme les détonations, peuvent également ponctuer les journées.

Près du lac se trouve en effet la base aérienne de Cazaux, un important site militaire, dédié à l’entraînement au tir et au bombardement.

Changement de décor

Du côté de Biscarrosse, le lac devient plus animé. Il y a du monde sur les plages et les bateaux à moteur se font nombreux. Nous croisons plusieurs personnes pratiquant le ski nautique.

Nous trouvons néanmoins un coin tranquille pour pique-niquer.

Après le déjeuner, nous coupons à travers le lac. Il ne faut pas trop s’approcher de la base militaire et Pascal M. nous attend.

Le vent se lève et, à l’approche de l’arrivée, des vagues se forment sur le lac.
Ce ne sont pas des vagues énormes, certes. Mais elles me surprennent, compte tenu du calme parfait qui régnait au départ et du fait que nous sommes sur un lac.

L’esquimautage, entre réussites et ratés

Pascal M. est là. À peine arrivée, il s’enquiert de notre pratique de l’esquimautage.

Surpris que nous n’en ayons pas encore tenté, il me met tout de suite au travail.

Usuellement, avant d’esquimauter, il me faut suivre tout un rituel assez laborieux, comportant quelques exercices avec un paddle float. Cependant, cette fois, je me lance directement, avec une pagaie groenlandaise.

J’esquimaute assez laborieusement… mais j’esquimaute ! Pascal M. me recommande quelques ajustements et c’est tout de suite plus fluide.

On passe alors à la pagaie européenne. Ne sachant plus trop comment procéder, je joue la prudence et esquimaute à la « Pawlata » : en tenant une pale avec une main pour bénéficier d’un grand bras de levier.

Après quelques conseils supplémentaires de Pascal M., j’arrive aussi rapidement à esquimauter, de manière plus classique, avec la pagaie européenne.

Nous faisons une petite pause goûter et je commence à rêver : maintenant que je maîtrise l’esquimautage d’un côté, je vais pouvoir passer à l’apprentissage de l’autre !

Cependant, à la reprise, horreur, malheur : rien ne va plus. Je n’arrive même plus à esquimauter de mon bon côté.

Il va encore falloir que je m’entraîne.

Maintenant, en route pour une petite bière et quelques encas bien mérités !

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi parle-t-on de chasseurs à la tonne ?

Dans les Landes, l’expression « chasse à la tonne » trouve son origine dans une ancienne pratique : les chasseurs se glissaient dans de véritables tonneaux pour rester cachés tout en guettant les canards.

Arcachon et Bordeaux, l’art de la décadence

Excursions touristiques guidées  – Samedi 8 et lundi 10 août 2026

Le mardi 11 août, j’ai une grosse réunion professionnelle à Bordeaux.

Je décide donc de m’y rendre dès le week-end précédent, pour visiter Arcachon et Bordeaux, avant de travailler dans les locaux bordelais lundi.

Enfin, visiter… Visiter et faire du kayak, évidemment !

Je contacte le club d’Arcachon, qui se fait un plaisir de m’accueillir, avec un programme particulièrement alléchant : l’île aux oiseaux, les cabanes tchanquées,…

Mais, mince ! Leur sortie démarre à 8h30… et le premier train depuis Bordeaux, où je passerai la nuit, ne me permet pas d’arriver à temps.

C’est donc raté pour moi, et me voilà partie en roue libre.

L’art de la décadence : stade 1

Impossible de faire du kayak avec le club… mais impossible aussi de renoncer au kayak, comme à l’île aux oiseaux et aux cabanes tchanquées.

À peine arrivée à la gare d’Arcachon, je cours donc afin d’arriver à temps pour une balade en sit-on-top avec Arcachon Kayak Aventure.

J’ai un peu de retard, et les autres participants sont déjà prêts, mais je peux tout de même rejoindre le groupe.

C’est assez amusant d’entendre le petit briefing sur la manière de pagayer. En revanche, c’est beaucoup moins marrant de naviguer en sit-on-top. La position pour pagayer n’est pas du tout agréable. Enfin, c’est toujours mieux que rien !

Nous partons.

Régulièrement, lors des sorties en kayak de mer, les organisateurs nous demandent de bien rester groupés, afin d’être plus facilement repérables et de moins gêner les bateaux.

Au final, il n’en passe souvent qu’un ou deux à proximité. Mais, là, il y en a vraiment partout. Il faut constamment garder les yeux ouverts.

Enfin, nous voilà rapidement devant les deux jolies cabanes tchanquées.

Nous montons sur la cabane tchanquée blanche, la seule dont on peut faire intégralement le tour.

Depuis celle-ci, nous bénéficions d’une splendide vue sur l’île aux oiseaux, un site naturel protégé dont la superficie oscille entre 1 700 hectares à marée basse et 100 à pleine mer.

Mais… mais… mais… qui l’eût cru ? Cette sortie m’apprend une petite astuce : pour éviter de porter loin les kayaks, lorsqu’on débarque sur une plage, à marée montante, on peut planter une demi-pagaie, bien profondément dans le sable, et les y accrocher !

L’art de la décadence : stade 2

Comment quitter Arcachon sans avoir vu la Dune du Pilat ? Et quoi de mieux que de l’admirer depuis l’océan ?

Hélas, avec les marées actuelles, impossible de s’en approcher en kayak.

À peine débarquée du sit-on-top, je reprends donc ma course, pour arriver à temps pour le départ de ce que nombre de kayakistes dénomment… le promenade couillon !

Le circuit nous emmène le long de la belle presqu’île du Cap Ferret. Puis, la majestueuse Dune du Pilat apparaît enfin devant nous.

Fière couillonne, à Arcachon

Je n’ai pas eu le temps de déjeuner. Après l‘excursion « La littorale, de l’île aux portes de l’océan », il est 17h et je suis affamée. Toutefois je ne suis pas tentée par un sandwich et j’ai une grosse envie de moules-frites.

Je passe devant un restaurant qui en propose, mais il est désert et je n’ose pas y entrer. Je peux mener à bien beaucoup d’activités seule : aller au cinéma, à un concert, à un festival… Mais le restaurant, ça me gêne encore.

Je continue un peu et arrive face à la pizzeria Alma Mia, très bien notée, devant laquelle un couple termine son repas. Je prends mon courage à deux mains et décide de m’y attabler à mon tour.

Oui, tout mon courage. Pour moi, ce n’est pas facile de manger seule au restaurant. Et encore plus quand j’ai envie d’y déguster une pizza, à 17 h, en étant bien enrobée.

La serveuse est un peu surprise, mais m’installe.

— Pas la terrasse !

J’ai assez pris l’air pour aujourd’hui. Et, surtout, je préfère me faire discrète.

On me trouve donc une place en salle. Je commande une belle et grande pizza, accompagnée d’une bière, et dévore le tout sans le moindre complexe.

Je suis satisfaite de moi. Hum… Très très satisfaite, même.

Mais, comme pour l’esquimautage, une réussite ne fait pas encore un acquis. Il faut donc recommencer.

Ce qui fut fait dès le lundi soir… à Bordeaux, après une nouvelle virée en promenade couillon !

Fière couillonne, à Bordeaux

Le lundi 10 août, il fait bien chaud quand je termine ma journée de travail à Bordeaux. J’ai envie de découvrir la ville, mais je n’ai pas vraiment envie de marcher sous le cagnard. C’est donc le retour au promenade couillon.

Boire un verre de vin de Bordeaux, seule, en promenade couillon, c’est presque tout oser, non ?

La balade est plutôt sympa. On passe devant la Cité du Vin, et j’apprécie particulièrement les anecdotes sur les différents ponts de Bordeaux.

Et, cette fois, ensuite, j’ai eu mes moules-frites !

Après le dîner, il fait plus frais. Alors, pour clôturer cette belle soirée, je m’offre une petite visite de Bordeaux, avant de regagner mon Airbnb.

La ville est joyeuse et paisible. Je m’y sens parfaitement en sécurité.

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi « tchanquées » ?

Le mot « tchanqué » vient du gascon « chancas », qui signifie « échasses ». Il fait référence aux longues échasses traditionnellement utilisées par les bergers landais pour se déplacer dans les marais et surveiller leurs troupeaux.

Les cabanes tchanquées sont nées de l’idée d’un ostréiculteur qui, au XIXe siècle, fit construire une cabane sur pilotis afin de pouvoir observer plus facilement ses parcs à huîtres.

Par analogie avec les bergers landais juchés sur leurs échasses, ces cabanes élevées sur de hauts pilotis ont ainsi été qualifiées de « tchanquées ».