À la conquête de la Pagaie Bleue

Sport kayak, formation avec Geoffroy SIBILEAU, à La Rochelle et sur l’île de Ré – 12 & 13 septembre 2026

Pas facile de faire un retour sur un stage ! Je pourrais partager tout ce que Geoffroy nous a appris. Cependant, ce serait très long, et d’autres blogs proposent déjà des contenus pédagogiques assez poussés.

Ce sera donc, une fois encore, le récit d’une petite aventure personnelle.

Un stage vers la Pagaie Bleue mer… mais pourquoi ?

Comme je me suis inscrite à la formation MFPC, pour laquelle il faut avoir le niveau Pagaie Bleue, ce stage devait d’abord me permettre de faire le point. Où est-ce que je me situe par rapport au niveau demandé ? Qu’est-ce qu’il me reste à travailler avant de me lancer dans la formation ?

Et puis, soyons honnête : décrocher une pagaie couleur, ça fait toujours plaisir ! Et comme il faut savoir esquimauter pour l’obtenir, ce stage était aussi un bon moyen de me motiver à travailler ce point.

Oups : il y a l’esquimautage… mais pas que !

Un peu obsédée par la réussite de mes esquimautages, j’en oubliais un autre aspect à maîtriser : les connaissances nécessaires à la préparation d’une navigation.

On m’a rappelé à l’ordre et je m’y suis attelée, armée d’un petit ouvrage destiné à préparer le permis côtier. Horaires des marées, coefficient de marées, sens des vents et des courants, échelles de Beaufort et de Douglas, règle des 1/12es, rose des vents, caps, estimation des distances à parcourir, signalétique… J’ai tout passé en revue !

Dur… dur. Mais je suis bien contente d’avoir appris tout ça… Pagaie Bleue ou pas !

Et là encore, c’est finalement grâce à mon inscription au stage Pagaie Bleue que je m’y suis réellement mise.

Un stage intense dans un cadre agréable

On a dit que je ne retransmettais pas un contenu pédagogique, n’est-ce pas ? Voici donc quelques brèves impressions.

Côté cadre

Il a fait très beau, l’eau était bien chaude, La Rochelle est une très belle ville… Que demander de plus ?

On a eu une petite crainte de manquer de vagues dimanche, pour la partie surf sur l’île de Ré… mais finalement, les vagues étaient bien au rendez-vous !

Les autres participants venaient quasiment tous du club Bouchemaine, et j’ai eu plaisir à retrouver des personnes que j’avais déjà rencontrées lors de sorties CK/Mer.

Quant à Geoffroy, certains m’avaient annoncé qu’il avait un côté un peu militaire. Je m’étais donc préparée à arriver face à un gars assez dur et à subir quelques remontrances entre deux coups de pagaie.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de le voir arriver… avec un splendide sourire !

En fait, le problème, c’est qu’il a tellement de notions à nous transmettre, et à vérifier en un week-end, qu’il ne peut pas se permettre de traîner.

Côté enseignements

En file indienne dans le port de La Rochelle
… ne dérangeons personne et ne nous mettons pas en danger !

C’était top, mais intense ! Hein, je l’ai déjà dit ? Geoffroy nous a transmis, transmis et encore transmis. On peut dire qu’on en a eu pour notre argent !

J’ai vraiment tout aimé… Les échanges autour de la préparation des navigations, de la réglementation, de l’environnement, du matériel…

Avec un petit bonus pour les parties « maîtrise des fondamentaux techniques » et « manœuvres dans le vent ». Sur ce dernier point, Geoffroy nous a partagé de petites astuces que beaucoup d’entre nous ignoraient totalement !

Et un petit malus pour la partie surf. Enfin, en réalité, c’était vraiment top de pouvoir surfer avec Geoffroy en toute sécurité. Et tous les autres participants en ont été absolument ravis.

Reste que, de mon côté, comme vous le verrez plus loin, j’avais un peu la trouille…

Pagaie Bleue validée, sans mention

Lorsqu’on obtient son bac, le barème des mentions est le suivant :

  • pas de mention : moyenne de 10 à 12/20
  • assez bien : moyenne de 12 à 14/20
  • bien : moyenne 14 à 16/20
  • très bien : moyenne de 16 à 18/20
  • très bien avec félicitations du jury : moyenne au-delà de 18/20

Bon… soyons clairs : Geoffroy m’a validé la Pagaie Bleue, mais sans la moindre mention, et avec pour recommandation de continuer à me perfectionner.

Un esquimautage à améliorer

On ne peut pas me mettre en dessous de la moyenne dans la mesure où j’ai réussi à esquimauter plusieurs fois, non ?

Enfin… j’ai bien hésité avant de me lancer à chaque fois. Au moins un esquimautage est clairement passé en force, et j’étais absolument ravie de les réussir, même laborieusement.

Bref… comme le dit Geoffroy, le niveau Pagaie Bleue, c’est le niveau moniteur. Et ça, ce n’est pas vraiment le niveau moniteur. Pour un moniteur, l’esquimautage doit être une routine, un geste qu’il réalise sans la moindre hésitation, et dont la réussite ne constitue pas un évènement.

Des réticences à surfer

J’ai été fort satisfaite des quelques surfs que j’ai pris.

Bonne utilisation de la pagaie comme gouvernail, beaux appuis sur la vague en sortie… Sur le papier, tout va plutôt bien !

Cependant, prendre un surf fait battre mon cœur à toute allure. J’ai peur et aucune envie d’« y aller ». Et, somme toute, je n’ai pris que très peu de surf. Geoffroy aurait bien aimé que je m’y essaie davantage.

Rhoo, mais quoi ? Il ne suffisait pas de montrer qu’on en réussissait bien deux ou trois pour que la Pagaie Bleue soit pleinement validée ? Mince alors !

Une bourde sur la sécurité

Geoffroy nous a demandé de réaliser deux remorquages. Pour celui du samedi, hop hop, j’ai accroché ma corde et c’était parti : rapidement et sans le moindre désordre.

Cependant, après ce remorquage, j’ai rangé ma corde… et MAL. J’ai voulu faire des nœuds de chaînette, de petits nœuds très simples, mais que je n’avais pas réalisés depuis longtemps, pour ranger correctement ma corde.

En les faisant, je m’étais bien dit qu’il y avait quelque chose qui clochait et que ces nœuds pourraient me jouer un tour lors de la prochaine utilisation.

Mais Geoffroy nous a indiqué un autre exercice et, pour moi, le remorquage, c’était terminé pour le week-end ! Je n’étais pas en mode « C’est moi qui assure la sécurité sur la sortie », mais plutôt en mode « C’est bon pour cet exercice ».

Erreur fatale. Geoffroy nous a aussi demandé d’effectuer un remorquage le dimanche. Et le dimanche, ma corde, pleine de nœuds, était beaucoup trop raccourcie. Et mes misères ne se sont pas arrêtées là : j’ai aussi coincé cette diablesse dans mon gouvernail !

Bon… une réussite sur deux, ça vaut encore la moyenne, non ? Oui, sauf que, dans le domaine de la sécurité, si on raisonne en « une personne sauvée sur deux », le barème devient tout de suite moins convaincant. 😬

Enfin, contrairement au surf et à l’esquimautage, qui vont encore me demander pas mal de travail, je pense que, sur ce point-là, la leçon est définitivement retenue !

Quel programme pour continuer à se perfectionner ?

Le phare du Gabut, un des deux phares d’alignement de La Rochelle, inscrit au titre des monuments historiques.

Esquimautage : on continue

J’ai de la chance : pendant que j’étais au stage « Vers la Pagaie Bleue », un copain participait au stage « CK/Mer : initiation au roll groenlandais à Beg-Meil #2 ». Et il est motivé pour qu’on s’entraîne ensemble. Deux dates sont déjà fixées !

Une coach de l’association Oratarnek, qui habite non loin de chez moi, est également partante pour s’entraîner avec moi. Et puis, je referai probablement un ou deux stages d’esquimautage, avec Oratarnek ou une autre association.

À voir aussi pour pratiquer l’esquimautage en fin de sortie. Mais j’ai vraiment du mal à me motiver quand je suis fatiguée et que je ne pense plus qu’à une chose : me mettre au sec plutôt que me remouiller !

En tout cas, je suis très motivée. Une fois qu’on sait bien esquimauter, on s’amuse beaucoup plus, on progresse davantage et on gagne en sécurité.

Surf en kayak de mer : il va falloir s’y mettre

Travailler le surf, en revanche, ça ne m’emballe pas des masses : j’ai peur et, en randonnée mer, c’est rarement une compétence indispensable. On va parfois surfer, mais cela se fait plutôt lors de séances spécifiques, auxquelles on choisit ou non de participer.

Néanmoins, le surf semble faire partie des compétences nécessaires pour l’obtention du MFPC. Je vais donc probablement effectuer un stage sur le sujet.

Geoffroy en organise justement un les 14 et 15 novembre 2026. Je verrai s’il reste des places lorsque je saurai si je suis disponible.

Sécurité : encore quelques révisions

Je suis persuadée que je ne réitérerai pas mon erreur sur le remorquage. Cependant j’ai encore plein de choses à apprendre, et une révision plus approfondie ne me fera pas de mal.

Il faut d’ailleurs que je continue à travailler les manœuvres, pour être encore plus efficace lorsqu’il s’agit de rejoindre rapidement une personne qui a besoin d’aide.

Bref, je suis déjà inscrite au week-end sécurité proposé par Jérôme avec CK/Mer, les 31 octobre et 1er novembre 2026.

Il me reste également à compléter un peu mon matériel, même si je suis déjà plutôt bien équipée…

Oh ! Vous ne savez pas quoi ! J’ai découvert que, pour me signaler aux sauveteurs en cas de péril, je comptais sur… une lampe stroboscopique, bien onéreuse et achetée il n’y a pas si longtemps, mais déjà complètement dévastée !

Regardez-moi ça !

Préparation de navigation : reste à pratiquer

J’ai acquis pas mal de notions nécessaires à la préparation d’une navigation, mais je crains de rapidement les oublier. La solution : pas forcément d’organiser des sorties, mais au moins essayer de réfléchir comme si j’en étais l’organisatrice lorsque je suis une simple participante.

Beaucoup le font, d’ailleurs. Mais jusqu’à présent, de mon côté, j’avais plutôt tendance à me laisser porter.

Et puis, je pourrais peut-être, un de ces quatre, passer le permis côtier !

Les RDV de l’Erdre (3/3) : une soirée féerique

NACK, parade organisée par Frédéric L. – Samedi 29 août 2026

Dur de repartir le soir après avoir attaqué le kayak de bonne heure.

Toutefois, je me suis engagée à être présente pour la parade en canoë organisée à l’occasion du festival Les Rendez-vous de l’Erdre et, en ville, l’atmosphère est magique.

Les illuminations sont splendides et les concerts de jazz de très belle qualité.

« Tu préfères aller à l’avant ou à l’arrière ? »

Humpf.

En canoë 2 places, c’est la personne à l’arrière qui assure la direction, tandis que celle à l’avant donne le rythme en pagayant. Et, ce soir, celle de devant ne donnera pas le rythme, puisqu’elle sera occupée à tenir les flambeaux.

J’aime bien garder la maîtrise de ma navigation, et pas trop le fait que ce soient — comme par hasard — presque systématiquement les femmes qui aillent à l’avant des canoës.

Enfin, je sens bien que mon partenaire du soir préfère être à l’arrière, alors j’opte pour l’avant.

On récupère les flambeaux. Ils gouttent et il faut que je les tienne en croix, la partie allumée suspendue au-dessus de l’eau. Pffff, dans quelle galère je me suis encore embarquée ?

Mais…

Après quelques tâtonnements, je trouve une manière tout à fait agréable de tenir les flambeaux. La foule se réveille à notre passage. Mon partenaire de navigation nous mène à un endroit où je n’aurais pas osé aller, idéalement situé devant la scène. Et le concert est vraiment beau.

Wahou, j’ai vraiment bien fait de venir !

Les RDV de l’Erdre (2/3) : la découverte d’une carte malicieuse

NACK, sortie proposée par mes soins – Samedi 29 août 2026

Une carte espiègle…

Pour accompagner la flotte de bateaux participant au festival Les Rendez-vous de l’Erdre dans sa descente de l’Erdre jusqu’au centre-ville de Nantes, nous faisons deux haltes. La première au S.N.O. Nantes, le club de voile, puis la seconde au club nautique l’ANCRE.

C’est là que nous découvrons une drôle de carte.

Créée par l’agence nantaise Grrr, elle raconte l’Erdre et ses abords avec un humour assez réjouissant. En quelques petites phrases, elle nous fait redécouvrir des lieux que l’on croit bien connaître.

On y apprend par exemple que l’Aviron Rowing Club de Sucé-sur-Erdre :

« C’est quand même un club d’aviron où on apprend à naviguer sur des gondoles ! Les Mascaretta, ce sont des gondoles de courses. C’est un beau bateau »

Ou encore, à propos de port Jean :

« Ici, il y a une petite paillote dans laquelle tu peux boire le vin des vignes qui surplombent Port Jean, et de délicieux plats de poissons directement pêchés dans l’Erdre. »

Cependant, il y figure aussi quelques petites piques, notamment celle adressée à Patrice Martin, le célèbre skieur nautique, dont le caractère est, paraît-il, aussi trempé que l’Erdre :

« Quand on s’approchait on comprenait qu’on n’avait rien à faire là ».

… où les kayakistes en prennent pour leur grade

Parce qu’évidemment, nous n’allions pas y échapper.

La carte précise :

« Pour les chambrer : les rameurs on les surnomme des culs à roulettes, et les kayakistes des culs-de-jatte »

Mais… mais… pourquoi ?

Pour les rameurs, l’explication est assez facile à comprendre : ils sont assis sur des sièges à roulettes, qui leur permettent d’avancer et de reculer à chaque coup de rame.

Voici donc des « culs à roulettes ».

Charmant.

Pour les kayakistes, c’est encore mieux.

Comme nous sommes assis très bas dans nos bateaux, avec les jambes soigneusement cachées à l’intérieur, nous donnons apparemment l’impression de naviguer sans jambes.

Nous voilà donc des culs-de-jatte.

Délicieux.

La carte serait disponible dans tous les centres nautiques qui bordent l’Erdre.

Toutefois, je me demande si cette carte finira un jour affichée dans notre base nautique.

Certains, vexés, auraient-ils obtenu qu’elle en soit définitivement bannie ?

Et puisqu’on parle de culs-de-jatte

J’ai découvert au passage l’expression « départ en cul-de-jatte »

C’est lorsqu’un kayakiste, assis dans son bateau sur la plage, utilise sa pagaie comme une béquille pour se pousser progressivement vers l’eau.

Très élégant.

Les RDV de l’Erdre (1/3) : quand le mauvais temps n’enlève rien au plaisir

NACK, sortie proposée par mes soins – Samedi 29 août 2026

Et si on rejoignait la flottille des Rendez-vous de l’Erdre ?

Samedi, c’est navigation. Samedi, c’est Les Rendez-vous de l’Erdre, un grand festival de jazz qui rassemble également une flotte de bateaux remarquables.

Les bateaux partiront à 10 h de Sucé-sur-Erdre, en direction du cœur de Nantes, en effectuant plusieurs haltes nautiques.

Je propose de les rejoindre et j’ai quatre partants. Yes !

Oui, oui, c’est peu. Cependant, sur l’Erdre, dès qu’il s’agit de sortir de l’éternel aller-retour hebdomadaire, il est difficile de motiver les troupes.

La joie de naviguer dans le vent…

Le Chantenay, construit en 1888 et classé Monument historique. Ce bateau réalisait la liaison Quai de la Fosse – Port de Trentemoult. 

« Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin. »

Bon, en vrai, il n’y a pas eu de pluie que le matin, mais presque toute la journée.

Et du vent aussi. Du bon gros vent : les rafales pouvaient dépasser les 50 km/h.

Et oui, un kayakiste peut consulter la météo agricole !

Mais c’est marrant, le vent, de dos comme de face, non ? Pour le vent de travers, je garde encore ma réserve.

Et je ne suis pas la seule à me réjouir de naviguer face au vent : un copain m’a spontanément dit partager cette joie. Une espèce bien trop rare !

… au cœur de la belle plaisance

Le festival met à l’honneur une flotte essentiellement composée de petits bateaux qui répondent à des critères précis d’élégance et de rareté.

Nous pensions la rejoindre à Port Jean, mais finalement, nous sommes montés jusqu’à Sucé-sur-Erdre

Et nous avons été de vrais petits privilégiés, à pouvoir nous glisser au milieu de cette belle flotte, pour redescendre l’Erdre.

… entre deux airs de jazz

Chaque escale nautique a été ponctuée de petits concerts jazz.

Le duo Abel, au S.N.O.

Le duo Abel était probablement sympa, mais il jouait dans une salle intérieure bruyante du S.N.O., pendant qu’un apéritif était servi à l’extérieur. Autant dire qu’il était impossible de l’écouter !

Les Anchahuteurs, à l’ANCRE.

À l’ANCRE, j’ai bien apprécié Les Anchahuteurs, qui ont rencontré un vif succès auprès des participants en reprenant, pour l’occasion et au cours du repas, des chants marins.

Pardon ? Oui, oui, je l’avoue : nous nous sommes incrustés à l’apéro, comme sous les barnums destinés au pique-nique de la flottille.

À l’apéro il y avait du muscadet produit juste à côté… Comment résister ?

… réunis par l’amour de la navigation

Pas de kayak au sein de la belle plaisance, mais nous avons tout de même croisé un beau canoë.

Une copine m’a indiqué avoir aperçu une splendide pirogue en bois la veille. Malheureusement, elle n’était pas présente aujourd’hui.

Une petite goutte d’eau s’est invitée sur mon objectif…

Et si l’on peut parfois croire que c’est la guéguerre entre kayakistes et voileux, il n’en est rien.

Beaucoup de kayakistes font, ou ont également fait, de la voile, voire de la voile-aviron.

Et l’on est heureux de retrouver, ici et là, certains de nos compagnons de navigation, rencontrés habituellement en kayak.

Ceux du bateau bleu, ce sont aussi des kayakistes !

… avec un camarade aux bons réflexes

Un sur quatre… bien joué !

Lorsqu’on fait une halte sous la pluie, il est bien avisé de retourner son kayak afin d’éviter qu’il ne se remplisse d’eau. Pourtant, un seul d’entre nous y a pensé. À votre avis, qui est-ce ?

Bon, maintenant, reste à retrouver quelques forces avant la soirée !

Quiberon, quand le vent impose sa loi

En duo avec Christian P. –  Dimanche 23 août 2026

Le tour de la baie de Quiberon… Oui, non… oui, non ?

Avec un vent de terre de force 4 à 5, où naviguer ? Depuis plusieurs jours, nous hésitons entre Étel, le Golfe et la baie de Quiberon. Finalement, nous nous décidons pour un tour de la presqu’île.

Arrivés sur le parking de la biscuiterie La Trinitaine, à Penthièvre, nous sommes refroidis. Nous réalisons que, sur ce côté de la presqu’île, un vent de travers nous attend, et ce sur au moins une dizaine de kilomètres.

Et puis, il y a l’isthme, cette fine bande de terre qui relie Quiberon au continent. Annoncée comme large d’une vingtaine de mètres, elle nous semble bien plus longue… Sans compter la fatigue de la longue sortie de la veille !

Un ou deux rolls, et à l’ouest toute !

Nous optons finalement pour un départ de l’autre côté de l’isthme et pour un aller-retour le long de la côte ouest de la presqu’île, où nous serons un peu mieux abrités.

Je me motive pour tenter un ou deux esquimautages avant de filer, tant que j’ai encore de l’énergie. La veille, en fin de sortie, je n’avais aucune envie d’en réaliser.

Photo prise par Christian P., amusé par mon masque.

Avec la pagaie cuillère et les mains en position de navigation, c’est une réussite. En revanche, la technique « Pawlata », pourtant réputée plus fiable, me résiste cette fois. Pffff… Vivement que je maîtrise l’esquimautage à tous les coups !

On passe près du joli Fort de Penthièvre… et ma photo est ratée.

Lionel Allorge, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Certains passages sont magnifiques, mais globalement, le paysage autour de la presqu’île ne m’emballe pas, même sur la côte sauvage. La fatigue ? Le temps grisâtre ?

Des intermèdes lumineux…

… mais un temps assez couvert

Peu importe : avancer dans ce vent de force 4 à 5 est grisant, et je recommencerais sans hésiter ! Et, finalement, je ne suis d’ailleurs pas si abritée que ça, puisque je m’éloigne assez de la rive.

Nous trouvons une petite plage pour pique-niquer avant d’arriver au splendide château de Turpault. Et cette fois, si j’ai une photo plutôt sympa, je la supprime par erreur, en faisant le tri au retour.

Photo prise par Christian P.
Anthony Levrot, Wikimedia Commons, Licence CC BY-SA 4.0

Décidément, ce ne sera pas un week-end photo ! Ni même un week-end média : la télécommande de ma caméra d’action, offerte pour mon anniversaire, refuse de coopérer.

Aller-retour vers Groix et tour de l’île, en une journée


En duo avec Christian P. –  Samedi 22 août 2026

Groix… Groix… J’y aurais bien passé la nuit, pour visiter un peu l’île.

Toutefois, il vaut mieux la voir un peu que pas du tout ! Et le vent risque d’être trop fort pour rentrer dimanche.

Ce sera donc un aller-retour et un tour de l’île dans la journée, soit environ 35 km. Et, faute d’avoir trouvé d’autres compagnons de navigation, ce sera exceptionnellement une virée à deux.

La façade tournée vers le continent, une façade animée

Le départ s’effectue depuis la plage de Porh Puns, à la pointe de Gâvres, avec un cap au 215°.

Cette plage se situe à une vingtaine de minutes du camping de Saint-Cado, où j’avais déjà séjourné récemment.

Le vent contre le courant forme de petites vagues à l’approche de l’île.

Nous arrivons à Port-Tudy, où la circulation maritime est très intense : de nombreux bateaux, notamment des ferries, entrent et sortent du port.

Matthieu FAURE, Flickr,
CC BY-SA 2.0

Le port est magnifique et très animé, mais je ne parviens pas à prendre une seule photo. Et pour cause : une fois à Port-Lay, je me rends compte que j’avais inséré la batterie de mon appareil à l’envers.

Par ailleurs, pas question d’y traîner : on nous indique que les kayaks sont interdits dans le port. Savent-ils que nous ne sommes pas des embarcations de plage, mais des navires immatriculés ?

J’ai omis d’aborder le sujet. Je n’y ai pas pensé et, de toute façon, nous n’avions pas prévu de nous y attarder.

Port-Lay est un autre joli petit port de l’île de Groix, plus calme et plus simple.

Pmau, Wikipédia Commons, CC BY-SA 4.0

Des jeunes s’amusent à sauter depuis les digues qui le protègent.

Nous poursuivons ensuite notre route vers Pen Men.

La face océanique, une façade plus tranquille

Passé Pen Men, le calme règne.

Nous passons devant l’amer de Saint-Nicolas, un repère utilisé en navigation pour s’orienter.

Photo prise par Christian P.

Nous faisons une halte pour pique-niquer à Port Saint-Nicolas, où nous croisons plusieurs groupes de kayakistes, dont des membres du club de kayak de Vannes.

C’est reparti.

Quelques remous se forment devant la pointe des Chats, en raison des hauts-fonds.

Passage devant le phare de la pointe des Chats

Retour serein et dicton vérifié

Le retour s’effectue sans difficulté, avec un cap à 30°.

Nous passons devant un impressionnant vraquier de 229 mètres, qui vient de traverser l’Atlantique, le Sunrise Trader.

Moi, au pied du Sunrise Trader, photographié par Christian P.

Certains pensaient que le parcours serait un peu trop ardu, mais nous aurions tous deux pu pagayer encore longtemps.

Somme toute, le proverbe marin « Qui voit Groix voit sa joie » se vérifie une nouvelle fois !

Première à Mauves, appréhensions envolées

NACK, sortie organisée par Susan C.  Dimanche 16 août 2026

Un petit coup de pied au cul…

J’appréhendais d’aller à Mauves-sur-Loire. Même si des débutants y sont parfois amenés, c’est surtout le terrain d’entraînement de nos meilleurs kayakistes du groupe rivière, qui viennent y chercher « la vague ».

J’aime beaucoup avancer dans la houle et les vagues en mer, tout comme descendre des rivières un peu mouvementées.

En revanche, je n’ai commencé à prendre plaisir à faire des bacs, des reprises et des stops qu’en mars dernier, sur le Scorff.

Et, depuis mars, je crois bien que je n’ai pas fait de kayak d’eau vive.

Pourtant, il va bien falloir que je progresse, si je veux découvrir de nouvelles rivières, mais aussi affronter, encore mieux, des conditions de mer engagées.

Et puisque nos meilleurs kayakistes du groupe rivière sont aussi de très bons coachs en esquimautage, Mauves est également une belle occasion de travailler ce point.

Enfin, « la vague »… je vais devoir me jeter dans une vague qui fait quelle taille, moi ?!?

… bien avisé

Oh joie, oh bonheur : arrivée sur place, je constate qu’il n’y a pas une belle et grande vague, mais une multitude de petites et moyennes vagues.

Et des vagues pas du tout effrayantes, dans lesquelles je n’ai aucune crainte d’aller.

En outre, l’eau est si chaude qu’un éventuel bain ne serait même pas désagréable.

Hé ! Ne nous emballons pas trop non plus : ne pas avoir peur, c’est une chose ; bien surfer dans les vagues, c’en est une autre !

Et réaliser des figures comme nos pros du groupe rivière, c’est encore une autre histoire.

Je laisse encore trop souvent mon kayak se faire brinquebaler par le courant, et l’on me répète, encore et encore, de bien le tenir avec mes genoux.

Quant à l’esquimautage, si le mouvement du corps est globalement maîtrisé, on me répète aussi, encore et encore, de ne pas tirer sur la pagaie !

Bref, j’ai encore matière à travailler… et une bonne raison de revenir à Mauves-sur-Loire !


🔆 Comment savoir quand Mauves se prête bien au jeu ?

À vrai dire, je cherche encore à comprendre.

Trouver le bon jour pour jouer à Mauves semble assez simple. Il suffirait de :

En revanche, c’est assez difficile d’estimer l’heure à laquelle arriver.

En première approximation, on peut se baser sur l’heure de basse mer à Saint-Nazaire : à Mauves, le créneau intéressant se situe généralement autour de BM Saint-Nazaire + 1 h 45.

Mais, selon notre experte, ce décalage peut varier sensiblement selon le coefficient de marée, le marnage, le niveau et le débit de la Loire.

Et il est également utile de croiser les données d’Ancenis avec celles de Saint-Nazaire, afin d’affiner l’estimation du moment le plus favorable à Mauves.

À noter également : plus le niveau d’eau baisse, plus « la vague » se creuse.

Étel, l’OC1 gagnant ?

Surfski & Co, formation avec Éric Garnier – 14 août 2026

De la découverte en eau plate…

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux lieux, mais aussi de nouveaux supports de navigation.

Et, aujourd’hui, c’est ma première en OC1. Je me suis offert deux cours avec Éric Garnier, de Surfski & Co, sur la Ria d’Étel, pour mon anniversaire.

De bon matin, Éric et moi embarquons à la pointe du Perche. Nous mettons le cap sur les petites îles alentour, notamment l’île de Riech’h et celle de Fandouillec.

Nous avons parfois un peu de courant contre nous. Cependant, l’eau est calme et les conditions sont idéales pour débuter.

L’ama, le flotteur latéral, est réglable. Petit à petit, Éric le passe de la position la plus stable — mais moins performante — à la position plus instable, qui permet une meilleure glisse.

Nous croisons une importante colonie de cygnes.

L’OC1 est vraiment confortable. Le plaisir est immédiatement au rendez-vous et je ne rencontre aucune difficulté particulière.

Nous échangeons sur les avantages et les inconvénients de l’OC1 comparé au V1.

Grosso modo, l’OC1 est un peu moins rapide que le V1. En revanche, grâce à son gouvernail, il se dirige beaucoup plus facilement. Et il présente également un avantage non négligeable, à l’image du surfski : c’est une embarcation de type « sit-on-top », insubmersible. Le V1, quant à lui, est une embarcation pontée qui peut se remplir d’eau en cas de chavirage.

En fin de session, j’essaie un surfski, car j’hésite encore un peu entre les deux, pour la session de l’après-midi et, qui sait, peut-être même pour une acquisition.

Quelques ronds dans l’eau me suffisent à me décider : cet après-midi, ce sera encore OC1 !

Photo : Éric Garnier, de Surfski & Co.

Avec ma morphologie, l’OC1 est beaucoup plus confortable. J’aime aussi être un peu plus en hauteur et changer complètement ma manière habituelle de pagayer.

…  aux premières vagues

L’après-midi, nous embarquons avec un père et sa fille sur la rivière du Sac’h, à côté des terrains de pétanque situés route de Brizeux, en direction de la barre d’Étel. Au menu : courants et petites vagues.

Certains se baigneront plusieurs fois. Éric me donne quelques conseils et, encore une fois, tout glisse. L’OC1 est bel et bien adopté.

Cela fait un moment que j’ai envie de me mettre au canoë. En rivière, ça risque d’être compliqué, dans mon secteur, même si je pourrais toujours aller faire un tour, un de ces quatre, à l’Open Canoë Festival.

L’OC1, conçu pour la mer, pourrait donc être le compromis idéal : je resterais sur mon terrain de jeu habituel, en retrouvant les sensations du canoë.

🏕️ Où dormir ? 🍴 Où manger ?

Je suis retournée au camping de Saint Cado, à Belz, où j’avais déjà séjourné lors de sorties avec les associations CK/mer et TGKM.

Ce camping est idéalement situé : on peut y charioter directement les kayaks pour naviguer sur la rivière d’Étel.

Il se situe également à proximité de La petite maison aux volets bleus, en face de laquelle se trouvent plusieurs bars-restaurants bien sympathiques.

J’ai d’ailleurs repris des moules-frites chez Madame Mouette. J’ai progressé : cette fois-ci, j’ai mangé seule, en terrasse, bien exposée aux yeux de tous.

Un tour de lac et quelques rolls

Sortie entre ami.e.s, organisée par Marie-Pierre – Samedi 8 août 2026

Bordeaux, Bordeaux… Mais c’est que je connais des kayakistes, près de Bordeaux, depuis le stage d’esquimautage organisé par le Comité régional Nouvel Aquitaine !

Je poste un message dans le vieux groupe WhatsApp en sommeil, et les réponses sont presque immédiates.

Marie-Pierre propose de me prêter un kayak pour effectuer une balade sur le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet, suivie d’une petite séance d’esquimautage. Et Pascal M. prévoit de nous rejoindre, en milieu d’après-midi, pour la partie esquimautage.

Rentrera, rentrera pas ?

Marie-Pierre arrive pile poil au moment où mon train entre en gare. Je suis ravie de la retrouver.

Nous filons vers le lac en traversant des paysages très boisés. Sur notre passage, aucune trace des incendies qui ont ravagé la région. Et pourtant, celle-ci, comme ses habitants, en a été profondément marquée.

C’est le moment d’essayer le Romany classic que Marie-Pierre m’a apporté. Normalement, ça devrait passer : nous avons pris les mesures des sièges de nos kayaks respectifs.

J’angoisse un peu, mais je suis rassurée à la vue d’un loueur de kayaks : si jamais je ne tiens pas dans son Romany, j’aurai toujours une solution de repli.

En fin de compte, mon popotin rentre parfaitement dans le kayak, mais ça coince un peu au niveau des cuisses, avec l’hiloire Keyhole aux rebords bien larges. Ce ne sera pas le grand confort, mais qu’importe : l’essentiel est que je puisse naviguer.

Et Marie-Pierre est vraiment aux petits soins : elle a pensé à tout, de la pagaie au sac étanche.

Une tranquillité en trompe-l’œil

Le lac de Biscarrosse-Cazaux-Sanguinet fait 5 600 hectares. C’est le deuxième plus grand lac de France. Il s’étend à cheval entre la Gironde et les Landes.

Nous entamons son tour depuis la plage de Canton, puis longeons la rive landaise en direction de Biscarrosse. Les côtes, verdoyantes, défilent dans une atmosphère paisible.

Cependant, cette tranquillité apparente est trompeuse : derrière ce décor serein, se cache un véritable champ de tir.

D’innombrables tonnes de chasses

Tout le long du rivage, des groupes d’hommes s’affairent autour de cabanes percées de multiples meurtrières.

Marie-Pierre m’explique que ce sont des chasseurs à la tonne, venus préparer l’ouverture de la chasse aux oiseaux migrateurs, prévue une quinzaine de jours plus tard.

Pour attirer les canards, ils installent des leurres en plastique appelés « blettes », ainsi que de véritables canards, les « appelants ».

Et, bientôt, du crépuscule au petit matin, le lac résonnera des coups de feu des chasseurs.

Une base militaire active

Mais le calme du lac n’est pas seulement rompu par les chasseurs à la tombée de la nuit.

Marie-Pierre me raconte aussi que les grondements des avions, comme les détonations, peuvent également ponctuer les journées.

Près du lac se trouve en effet la base aérienne de Cazaux, un important site militaire, dédié à l’entraînement au tir et au bombardement.

Changement de décor

Du côté de Biscarrosse, le lac devient plus animé. Il y a du monde sur les plages et les bateaux à moteur se font nombreux. Nous croisons plusieurs personnes pratiquant le ski nautique.

Nous trouvons néanmoins un coin tranquille pour pique-niquer.

Après le déjeuner, nous coupons à travers le lac. Il ne faut pas trop s’approcher de la base militaire et Pascal M. nous attend.

Le vent se lève et, à l’approche de l’arrivée, des vagues se forment sur le lac.
Ce ne sont pas des vagues énormes, certes. Mais elles me surprennent, compte tenu du calme parfait qui régnait au départ et du fait que nous sommes sur un lac.

L’esquimautage, entre réussites et ratés

Pascal M. est là. À peine arrivée, il s’enquiert de notre pratique de l’esquimautage.

Surpris que nous n’en ayons pas encore tenté, il me met tout de suite au travail.

Usuellement, avant d’esquimauter, il me faut suivre tout un rituel assez laborieux, comportant quelques exercices avec un paddle float. Cependant, cette fois, je me lance directement, avec une pagaie groenlandaise.

J’esquimaute assez laborieusement… mais j’esquimaute ! Pascal M. me recommande quelques ajustements et c’est tout de suite plus fluide.

On passe alors à la pagaie européenne. Ne sachant plus trop comment procéder, je joue la prudence et esquimaute à la « Pawlata » : en tenant une pale avec une main pour bénéficier d’un grand bras de levier.

Après quelques conseils supplémentaires de Pascal M., j’arrive aussi rapidement à esquimauter, de manière plus classique, avec la pagaie européenne.

Nous faisons une petite pause goûter et je commence à rêver : maintenant que je maîtrise l’esquimautage d’un côté, je vais pouvoir passer à l’apprentissage de l’autre !

Cependant, à la reprise, horreur, malheur : rien ne va plus. Je n’arrive même plus à esquimauter de mon bon côté.

Il va encore falloir que je m’entraîne.

Maintenant, en route pour une petite bière et quelques encas bien mérités !

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi parle-t-on de chasseurs à la tonne ?

Dans les Landes, l’expression « chasse à la tonne » trouve son origine dans une ancienne pratique : les chasseurs se glissaient dans de véritables tonneaux pour rester cachés tout en guettant les canards.

Arcachon et Bordeaux, l’art de la décadence

Excursions touristiques guidées  – Samedi 8 et lundi 10 août 2026

Le mardi 11 août, j’ai une grosse réunion professionnelle à Bordeaux.

Je décide donc de m’y rendre dès le week-end précédent, pour visiter Arcachon et Bordeaux, avant de travailler dans les locaux bordelais lundi.

Enfin, visiter… Visiter et faire du kayak, évidemment !

Je contacte le club d’Arcachon, qui se fait un plaisir de m’accueillir, avec un programme particulièrement alléchant : l’île aux oiseaux, les cabanes tchanquées,…

Mais, mince ! Leur sortie démarre à 8h30… et le premier train depuis Bordeaux, où je passerai la nuit, ne me permet pas d’arriver à temps.

C’est donc raté pour moi, et me voilà partie en roue libre.

L’art de la décadence : stade 1

Impossible de faire du kayak avec le club… mais impossible aussi de renoncer au kayak, comme à l’île aux oiseaux et aux cabanes tchanquées.

À peine arrivée à la gare d’Arcachon, je cours donc afin d’arriver à temps pour une balade en sit-on-top avec Arcachon Kayak Aventure.

J’ai un peu de retard, et les autres participants sont déjà prêts, mais je peux tout de même rejoindre le groupe.

C’est assez amusant d’entendre le petit briefing sur la manière de pagayer. En revanche, c’est beaucoup moins marrant de naviguer en sit-on-top. La position pour pagayer n’est pas du tout agréable. Enfin, c’est toujours mieux que rien !

Nous partons.

Régulièrement, lors des sorties en kayak de mer, les organisateurs nous demandent de bien rester groupés, afin d’être plus facilement repérables et de moins gêner les bateaux.

Au final, il n’en passe souvent qu’un ou deux à proximité. Mais, là, il y en a vraiment partout. Il faut constamment garder les yeux ouverts.

Enfin, nous voilà rapidement devant les deux jolies cabanes tchanquées.

Nous montons sur la cabane tchanquée blanche, la seule dont on peut faire intégralement le tour.

Depuis celle-ci, nous bénéficions d’une splendide vue sur l’île aux oiseaux, un site naturel protégé dont la superficie oscille entre 1 700 hectares à marée basse et 100 à pleine mer.

Mais… mais… mais… qui l’eût cru ? Cette sortie m’apprend une petite astuce : pour éviter de porter loin les kayaks, lorsqu’on débarque sur une plage, à marée montante, on peut planter une demi-pagaie, bien profondément dans le sable, et les y accrocher !

L’art de la décadence : stade 2

Comment quitter Arcachon sans avoir vu la Dune du Pilat ? Et quoi de mieux que de l’admirer depuis l’océan ?

Hélas, avec les marées actuelles, impossible de s’en approcher en kayak.

À peine débarquée du sit-on-top, je reprends donc ma course, pour arriver à temps pour le départ de ce que nombre de kayakistes dénomment… le promenade couillon !

Le circuit nous emmène le long de la belle presqu’île du Cap Ferret. Puis, la majestueuse Dune du Pilat apparaît enfin devant nous.

Fière couillonne, à Arcachon

Je n’ai pas eu le temps de déjeuner. Après l‘excursion « La littorale, de l’île aux portes de l’océan », il est 17h et je suis affamée. Toutefois je ne suis pas tentée par un sandwich et j’ai une grosse envie de moules-frites.

Je passe devant un restaurant qui en propose, mais il est désert et je n’ose pas y entrer. Je peux mener à bien beaucoup d’activités seule : aller au cinéma, à un concert, à un festival… Mais le restaurant, ça me gêne encore.

Je continue un peu et arrive face à la pizzeria Alma Mia, très bien notée, devant laquelle un couple termine son repas. Je prends mon courage à deux mains et décide de m’y attabler à mon tour.

Oui, tout mon courage. Pour moi, ce n’est pas facile de manger seule au restaurant. Et encore plus quand j’ai envie d’y déguster une pizza, à 17 h, en étant bien enrobée.

La serveuse est un peu surprise, mais m’installe.

— Pas la terrasse !

J’ai assez pris l’air pour aujourd’hui. Et, surtout, je préfère me faire discrète.

On me trouve donc une place en salle. Je commande une belle et grande pizza, accompagnée d’une bière, et dévore le tout sans le moindre complexe.

Je suis satisfaite de moi. Hum… Très très satisfaite, même.

Mais, comme pour l’esquimautage, une réussite ne fait pas encore un acquis. Il faut donc recommencer.

Ce qui fut fait dès le lundi soir… à Bordeaux, après une nouvelle virée en promenade couillon !

Fière couillonne, à Bordeaux

Le lundi 10 août, il fait bien chaud quand je termine ma journée de travail à Bordeaux. J’ai envie de découvrir la ville, mais je n’ai pas vraiment envie de marcher sous le cagnard. C’est donc le retour au promenade couillon.

Boire un verre de vin de Bordeaux, seule, en promenade couillon, c’est presque tout oser, non ?

La balade est plutôt sympa. On passe devant la Cité du Vin, et j’apprécie particulièrement les anecdotes sur les différents ponts de Bordeaux.

Et, cette fois, ensuite, j’ai eu mes moules-frites !

Après le dîner, il fait plus frais. Alors, pour clôturer cette belle soirée, je m’offre une petite visite de Bordeaux, avant de regagner mon Airbnb.

La ville est joyeuse et paisible. Je m’y sens parfaitement en sécurité.

🏛️ Un peu d’histoire – Pourquoi « tchanquées » ?

Le mot « tchanqué » vient du gascon « chancas », qui signifie « échasses ». Il fait référence aux longues échasses traditionnellement utilisées par les bergers landais pour se déplacer dans les marais et surveiller leurs troupeaux.

Les cabanes tchanquées sont nées de l’idée d’un ostréiculteur qui, au XIXe siècle, fit construire une cabane sur pilotis afin de pouvoir observer plus facilement ses parcs à huîtres.

Par analogie avec les bergers landais juchés sur leurs échasses, ces cabanes élevées sur de hauts pilotis ont ainsi été qualifiées de « tchanquées ».