À la conquête de la Pagaie Bleue

Sport kayak, formation avec Geoffroy SIBILEAU, à La Rochelle et sur l’île de Ré – 12 & 13 septembre 2026

Pas facile de faire un retour sur un stage ! Je pourrais partager tout ce que Geoffroy nous a appris. Cependant, ce serait très long, et d’autres blogs proposent déjà des contenus pédagogiques assez poussés.

Ce sera donc, une fois encore, le récit d’une petite aventure personnelle.

Un stage vers la Pagaie Bleue mer… mais pourquoi ?

Comme je me suis inscrite à la formation MFPC, pour laquelle il faut avoir le niveau Pagaie Bleue, ce stage devait d’abord me permettre de faire le point. Où est-ce que je me situe par rapport au niveau demandé ? Qu’est-ce qu’il me reste à travailler avant de me lancer dans la formation ?

Et puis, soyons honnête : décrocher une pagaie couleur, ça fait toujours plaisir ! Et comme il faut savoir esquimauter pour l’obtenir, ce stage était aussi un bon moyen de me motiver à travailler ce point.

Oups : il y a l’esquimautage… mais pas que !

Un peu obsédée par la réussite de mes esquimautages, j’en oubliais un autre aspect à maîtriser : les connaissances nécessaires à la préparation d’une navigation.

On m’a rappelé à l’ordre et je m’y suis attelée, armée d’un petit ouvrage destiné à préparer le permis côtier. Horaires des marées, coefficient de marées, sens des vents et des courants, échelles de Beaufort et de Douglas, règle des 1/12es, rose des vents, caps, estimation des distances à parcourir, signalétique… J’ai tout passé en revue !

Dur… dur. Mais je suis bien contente d’avoir appris tout ça… Pagaie Bleue ou pas !

Et là encore, c’est finalement grâce à mon inscription au stage Pagaie Bleue que je m’y suis réellement mise.

Un stage intense dans un cadre agréable

On a dit que je ne retransmettais pas un contenu pédagogique, n’est-ce pas ? Voici donc quelques brèves impressions.

Côté cadre

Il a fait très beau, l’eau était bien chaude, La Rochelle est une très belle ville… Que demander de plus ?

On a eu une petite crainte de manquer de vagues dimanche, pour la partie surf sur l’île de Ré… mais finalement, les vagues étaient bien au rendez-vous !

Les autres participants venaient quasiment tous du club Bouchemaine, et j’ai eu plaisir à retrouver des personnes que j’avais déjà rencontrées lors de sorties CK/Mer.

Quant à Geoffroy, certains m’avaient annoncé qu’il avait un côté un peu militaire. Je m’étais donc préparée à arriver face à un gars assez dur et à subir quelques remontrances entre deux coups de pagaie.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de le voir arriver… avec un splendide sourire !

En fait, le problème, c’est qu’il a tellement de notions à nous transmettre, et à vérifier en un week-end, qu’il ne peut pas se permettre de traîner.

Côté enseignements

En file indienne dans le port de La Rochelle
… ne dérangeons personne et ne nous mettons pas en danger !

C’était top, mais intense ! Hein, je l’ai déjà dit ? Geoffroy nous a transmis, transmis et encore transmis. On peut dire qu’on en a eu pour notre argent !

J’ai vraiment tout aimé… Les échanges autour de la préparation des navigations, de la réglementation, de l’environnement, du matériel…

Avec un petit bonus pour les parties « maîtrise des fondamentaux techniques » et « manœuvres dans le vent ». Sur ce dernier point, Geoffroy nous a partagé de petites astuces que beaucoup d’entre nous ignoraient totalement !

Et un petit malus pour la partie surf. Enfin, en réalité, c’était vraiment top de pouvoir surfer avec Geoffroy en toute sécurité. Et tous les autres participants en ont été absolument ravis.

Reste que, de mon côté, comme vous le verrez plus loin, j’avais un peu la trouille…

Pagaie Bleue validée, sans mention

Lorsqu’on obtient son bac, le barème des mentions est le suivant :

  • pas de mention : moyenne de 10 à 12/20
  • assez bien : moyenne de 12 à 14/20
  • bien : moyenne 14 à 16/20
  • très bien : moyenne de 16 à 18/20
  • très bien avec félicitations du jury : moyenne au-delà de 18/20

Bon… soyons clairs : Geoffroy m’a validé la Pagaie Bleue, mais sans la moindre mention, et avec pour recommandation de continuer à me perfectionner.

Un esquimautage à améliorer

On ne peut pas me mettre en dessous de la moyenne dans la mesure où j’ai réussi à esquimauter plusieurs fois, non ?

Enfin… j’ai bien hésité avant de me lancer à chaque fois. Au moins un esquimautage est clairement passé en force, et j’étais absolument ravie de les réussir, même laborieusement.

Bref… comme le dit Geoffroy, le niveau Pagaie Bleue, c’est le niveau moniteur. Et ça, ce n’est pas vraiment le niveau moniteur. Pour un moniteur, l’esquimautage doit être une routine, un geste qu’il réalise sans la moindre hésitation, et dont la réussite ne constitue pas un évènement.

Des réticences à surfer

J’ai été fort satisfaite des quelques surfs que j’ai pris.

Bonne utilisation de la pagaie comme gouvernail, beaux appuis sur la vague en sortie… Sur le papier, tout va plutôt bien !

Cependant, prendre un surf fait battre mon cœur à toute allure. J’ai peur et aucune envie d’« y aller ». Et, somme toute, je n’ai pris que très peu de surf. Geoffroy aurait bien aimé que je m’y essaie davantage.

Rhoo, mais quoi ? Il ne suffisait pas de montrer qu’on en réussissait bien deux ou trois pour que la Pagaie Bleue soit pleinement validée ? Mince alors !

Une bourde sur la sécurité

Geoffroy nous a demandé de réaliser deux remorquages. Pour celui du samedi, hop hop, j’ai accroché ma corde et c’était parti : rapidement et sans le moindre désordre.

Cependant, après ce remorquage, j’ai rangé ma corde… et MAL. J’ai voulu faire des nœuds de chaînette, de petits nœuds très simples, mais que je n’avais pas réalisés depuis longtemps, pour ranger correctement ma corde.

En les faisant, je m’étais bien dit qu’il y avait quelque chose qui clochait et que ces nœuds pourraient me jouer un tour lors de la prochaine utilisation.

Mais Geoffroy nous a indiqué un autre exercice et, pour moi, le remorquage, c’était terminé pour le week-end ! Je n’étais pas en mode « C’est moi qui assure la sécurité sur la sortie », mais plutôt en mode « C’est bon pour cet exercice ».

Erreur fatale. Geoffroy nous a aussi demandé d’effectuer un remorquage le dimanche. Et le dimanche, ma corde, pleine de nœuds, était beaucoup trop raccourcie. Et mes misères ne se sont pas arrêtées là : j’ai aussi coincé cette diablesse dans mon gouvernail !

Bon… une réussite sur deux, ça vaut encore la moyenne, non ? Oui, sauf que, dans le domaine de la sécurité, si on raisonne en « une personne sauvée sur deux », le barème devient tout de suite moins convaincant. 😬

Enfin, contrairement au surf et à l’esquimautage, qui vont encore me demander pas mal de travail, je pense que, sur ce point-là, la leçon est définitivement retenue !

Quel programme pour continuer à se perfectionner ?

Le phare du Gabut, un des deux phares d’alignement de La Rochelle, inscrit au titre des monuments historiques.

Esquimautage : on continue

J’ai de la chance : pendant que j’étais au stage « Vers la Pagaie Bleue », un copain participait au stage « CK/Mer : initiation au roll groenlandais à Beg-Meil #2 ». Et il est motivé pour qu’on s’entraîne ensemble. Deux dates sont déjà fixées !

Une coach de l’association Oratarnek, qui habite non loin de chez moi, est également partante pour s’entraîner avec moi. Et puis, je referai probablement un ou deux stages d’esquimautage, avec Oratarnek ou une autre association.

À voir aussi pour pratiquer l’esquimautage en fin de sortie. Mais j’ai vraiment du mal à me motiver quand je suis fatiguée et que je ne pense plus qu’à une chose : me mettre au sec plutôt que me remouiller !

En tout cas, je suis très motivée. Une fois qu’on sait bien esquimauter, on s’amuse beaucoup plus, on progresse davantage et on gagne en sécurité.

Surf en kayak de mer : il va falloir s’y mettre

Travailler le surf, en revanche, ça ne m’emballe pas des masses : j’ai peur et, en randonnée mer, c’est rarement une compétence indispensable. On va parfois surfer, mais cela se fait plutôt lors de séances spécifiques, auxquelles on choisit ou non de participer.

Néanmoins, le surf semble faire partie des compétences nécessaires pour l’obtention du MFPC. Je vais donc probablement effectuer un stage sur le sujet.

Geoffroy en organise justement un les 14 et 15 novembre 2026. Je verrai s’il reste des places lorsque je saurai si je suis disponible.

Sécurité : encore quelques révisions

Je suis persuadée que je ne réitérerai pas mon erreur sur le remorquage. Cependant j’ai encore plein de choses à apprendre, et une révision plus approfondie ne me fera pas de mal.

Il faut d’ailleurs que je continue à travailler les manœuvres, pour être encore plus efficace lorsqu’il s’agit de rejoindre rapidement une personne qui a besoin d’aide.

Bref, je suis déjà inscrite au week-end sécurité proposé par Jérôme avec CK/Mer, les 31 octobre et 1er novembre 2026.

Il me reste également à compléter un peu mon matériel, même si je suis déjà plutôt bien équipée…

Oh ! Vous ne savez pas quoi ! J’ai découvert que, pour me signaler aux sauveteurs en cas de péril, je comptais sur… une lampe stroboscopique, bien onéreuse et achetée il n’y a pas si longtemps, mais déjà complètement dévastée !

Regardez-moi ça !

Préparation de navigation : reste à pratiquer

J’ai acquis pas mal de notions nécessaires à la préparation d’une navigation, mais je crains de rapidement les oublier. La solution : pas forcément d’organiser des sorties, mais au moins essayer de réfléchir comme si j’en étais l’organisatrice lorsque je suis une simple participante.

Beaucoup le font, d’ailleurs. Mais jusqu’à présent, de mon côté, j’avais plutôt tendance à me laisser porter.

Et puis, je pourrais peut-être, un de ces quatre, passer le permis côtier !

Première à Mauves, appréhensions envolées

NACK, sortie organisée par Susan C.  Dimanche 16 août 2026

Un petit coup de pied au cul…

J’appréhendais d’aller à Mauves-sur-Loire. Même si des débutants y sont parfois amenés, c’est surtout le terrain d’entraînement de nos meilleurs kayakistes du groupe rivière, qui viennent y chercher « la vague ».

J’aime beaucoup avancer dans la houle et les vagues en mer, tout comme descendre des rivières un peu mouvementées.

En revanche, je n’ai commencé à prendre plaisir à faire des bacs, des reprises et des stops qu’en mars dernier, sur le Scorff.

Et, depuis mars, je crois bien que je n’ai pas fait de kayak d’eau vive.

Pourtant, il va bien falloir que je progresse, si je veux découvrir de nouvelles rivières, mais aussi affronter, encore mieux, des conditions de mer engagées.

Et puisque nos meilleurs kayakistes du groupe rivière sont aussi de très bons coachs en esquimautage, Mauves est également une belle occasion de travailler ce point.

Enfin, « la vague »… je vais devoir me jeter dans une vague qui fait quelle taille, moi ?!?

… bien avisé

Oh joie, oh bonheur : arrivée sur place, je constate qu’il n’y a pas une belle et grande vague, mais une multitude de petites et moyennes vagues.

Et des vagues pas du tout effrayantes, dans lesquelles je n’ai aucune crainte d’aller.

En outre, l’eau est si chaude qu’un éventuel bain ne serait même pas désagréable.

Hé ! Ne nous emballons pas trop non plus : ne pas avoir peur, c’est une chose ; bien surfer dans les vagues, c’en est une autre !

Et réaliser des figures comme nos pros du groupe rivière, c’est encore une autre histoire.

Je laisse encore trop souvent mon kayak se faire brinquebaler par le courant, et l’on me répète, encore et encore, de bien le tenir avec mes genoux.

Quant à l’esquimautage, si le mouvement du corps est globalement maîtrisé, on me répète aussi, encore et encore, de ne pas tirer sur la pagaie !

Bref, j’ai encore matière à travailler… et une bonne raison de revenir à Mauves-sur-Loire !


🔆 Comment savoir quand Mauves se prête bien au jeu ?

À vrai dire, je cherche encore à comprendre.

Trouver le bon jour pour jouer à Mauves semble assez simple. Il suffirait de :

En revanche, c’est assez difficile d’estimer l’heure à laquelle arriver.

En première approximation, on peut se baser sur l’heure de basse mer à Saint-Nazaire : à Mauves, le créneau intéressant se situe généralement autour de BM Saint-Nazaire + 1 h 45.

Mais, selon notre experte, ce décalage peut varier sensiblement selon le coefficient de marée, le marnage, le niveau et le débit de la Loire.

Et il est également utile de croiser les données d’Ancenis avec celles de Saint-Nazaire, afin d’affiner l’estimation du moment le plus favorable à Mauves.

À noter également : plus le niveau d’eau baisse, plus « la vague » se creuse.

Étel, l’OC1 gagnant ?

Surfski & Co, formation avec Éric Garnier – 14 août 2026

De la découverte en eau plate…

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux lieux, mais aussi de nouveaux supports de navigation.

Et, aujourd’hui, c’est ma première en OC1. Je me suis offert deux cours avec Éric Garnier, de Surfski & Co, sur la Ria d’Étel, pour mon anniversaire.

De bon matin, Éric et moi embarquons à la pointe du Perche. Nous mettons le cap sur les petites îles alentour, notamment l’île de Riech’h et celle de Fandouillec.

Nous avons parfois un peu de courant contre nous. Cependant, l’eau est calme et les conditions sont idéales pour débuter.

L’ama, le flotteur latéral, est réglable. Petit à petit, Éric le passe de la position la plus stable — mais moins performante — à la position plus instable, qui permet une meilleure glisse.

Nous croisons une importante colonie de cygnes.

L’OC1 est vraiment confortable. Le plaisir est immédiatement au rendez-vous et je ne rencontre aucune difficulté particulière.

Nous échangeons sur les avantages et les inconvénients de l’OC1 comparé au V1.

Grosso modo, l’OC1 est un peu moins rapide que le V1. En revanche, grâce à son gouvernail, il se dirige beaucoup plus facilement. Et il présente également un avantage non négligeable, à l’image du surfski : c’est une embarcation de type « sit-on-top », insubmersible. Le V1, quant à lui, est une embarcation pontée qui peut se remplir d’eau en cas de chavirage.

En fin de session, j’essaie un surfski, car j’hésite encore un peu entre les deux, pour la session de l’après-midi et, qui sait, peut-être même pour une acquisition.

Quelques ronds dans l’eau me suffisent à me décider : cet après-midi, ce sera encore OC1 !

Photo : Éric Garnier, de Surfski & Co.

Avec ma morphologie, l’OC1 est beaucoup plus confortable. J’aime aussi être un peu plus en hauteur et changer complètement ma manière habituelle de pagayer.

…  aux premières vagues

L’après-midi, nous embarquons avec un père et sa fille sur la rivière du Sac’h, à côté des terrains de pétanque situés route de Brizeux, en direction de la barre d’Étel. Au menu : courants et petites vagues.

Certains se baigneront plusieurs fois. Éric me donne quelques conseils et, encore une fois, tout glisse. L’OC1 est bel et bien adopté.

Cela fait un moment que j’ai envie de me mettre au canoë. En rivière, ça risque d’être compliqué, dans mon secteur, même si je pourrais toujours aller faire un tour, un de ces quatre, à l’Open Canoë Festival.

L’OC1, conçu pour la mer, pourrait donc être le compromis idéal : je resterais sur mon terrain de jeu habituel, en retrouvant les sensations du canoë.

🏕️ Où dormir ? 🍴 Où manger ?

Je suis retournée au camping de Saint Cado, à Belz, où j’avais déjà séjourné lors de sorties avec les associations CK/mer et TGKM.

Ce camping est idéalement situé : on peut y charioter directement les kayaks pour naviguer sur la rivière d’Étel.

Il se situe également à proximité de La petite maison aux volets bleus, en face de laquelle se trouvent plusieurs bars-restaurants bien sympathiques.

J’ai d’ailleurs repris des moules-frites chez Madame Mouette. J’ai progressé : cette fois-ci, j’ai mangé seule, en terrasse, bien exposée aux yeux de tous.

Gouvernail : je n’en voulais pas… et pourtant !

Le kayak que je souhaitais acquérir était vendu avec un gouvernail.

Pour être honnête, cela ne m’enchantait pas vraiment. Peu de kayakistes en possèdent, et j’avais plusieurs réserves. Avec cet appendice à l’arrière du kayak, je trouvais le bateau plus difficile à vider et à charger. Je craignais également que le gouvernail augmente la prise au vent, aussi bien sur la voiture que sur l’eau. Et puis, le gouvernail était compliqué à utiliser. Il restait régulièrement bloqué en position haute, sans que je parvienne à le faire redescendre.

Mais… mais… mais… tout cela, c’était avant ! J’ai d’abord rencontré un kayakiste qui utilisait un gouvernail et en était très satisfait. Il m’a expliqué à quel point il pouvait être utile en surf, mais aussi lorsque le kayak était chargé. J’ai pris le temps de réinstaller correctement le mien. Une seconde personne m’a alors montré une astuce pour éviter qu’il reste bloqué en position haute.

Et enfin, j’ai réalisé une longue traversée au large avec mon gouvernail… et ce fut la révélation. Plus besoin de retirer et de remettre la dérive pour corriger mon cap. Plus besoin non plus de forcer en gîtant et de multiplier les coups de pagaie d’un côté ou de l’autre pour faire tourner le kayak. Un simple appui de la pointe du pied suffit : le bateau répond et change de direction.

Il reste toutefois un petit point à anticiper : il faut prévoir des chaussures suffisamment souples. Avec des chaussures rigides, il est difficile d’appuyer correctement sur les pédales du gouvernail avec la pointe des pieds.

Mes chaussures rigides sont celles qui glissent le moins sur les algues et sont les plus confortables lorsque je marche sur les rochers. Mais, une fois encore, en kayak, tout est une question de compromis !

Le baptême et l’immatriculation de Marine

À la recherche du nom parfait

Immatriculer son kayak est obligatoire pour naviguer entre 2 et 6 milles d’un abri.

La démarche est rapide, simple et gratuite… à condition d’avoir les documents nécessaires.

Mais une étape incontournable me reste à franchir avant de lancer la procédure : trouver un nom de baptême à mon kayak.

J’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient baptisé leur kayak en créant un nom à partir du prénom de leurs enfants.

De mon côté, je n’ai qu’une fille. Je ne me voyais pas donner son prénom, tel quel, à mon kayak.

À court d’idées, j’ai d’abord cherché un nom commençant par « Bara ». L’idée était de prolonger l’inscription du modèle déjà présente sur mon kayak : Baraflot, Baramour, Baraccuda… Mais rien ne m’a vraiment convaincue.

Il a pourtant bien fallu trancher pour pouvoir immatriculer mon kayak. Je lui ai donc donné un nom… qui, au fond, ne me plaisait pas vraiment.

Lorsque je lui confiai mes difficultés à trouver un nom, ma fille a immédiatement eu une idée lumineuse :

Tu n’as qu’à l’appeler Marine. C’est mon deuxième prénom, un prénom que tu as toujours adoré et qui correspond parfaitement à ton univers !

Marine, une bande dessinée française, scénarisée par François Corteggiani et dessinée par Pierre Tranchand.

À peine proposé, aussitôt adopté !

Restait alors à officialiser ce changement de nom.

J’imaginais une démarche longue, compliquée et coûteuse. En réalité, rien de tout cela : quelques minutes suffisent et la procédure est entièrement gratuite sur le portail officiel des démarches plaisance.


Marine : un navire

Selon la réglementation en vigueur, les kayaks doivent porter leur immatriculation « visible à l’intérieur depuis l’emplacement normal en navigation du pagayeur »¹.

Cependant, certains kayakistes m’ont raconté avoir eu du mal à accéder à certains ports, et notamment quelques mésaventures du côté de Doëlan.

Alors, ainsi qu’ils me l’ont conseillé, j’ai incité Marine à clamer haut et fort qu’elle est un navire immatriculé.

Pour être sûre d’être entendue, elle a donc affiché son numéro d’immatriculation sur sa coque, visible de l’extérieur.

Las… Pour son premier cri, Marine n’a pas vraiment forcé sur les décibels : son numéro d’immatriculation extérieur fait 2 cm de haut pour 14 cm de long. Difficile, dans ces conditions, de se faire entendre au loin !

Enfin c’est un début : Marine ne pourra que progresser !

1 Art. 4 de l’arrêté du 8 avril 2009 relatif aux marques d’identification des navires de plaisance en mer.

Le dilemme de l’inscription à la formation MFPC

Oui, non, peut-être

J’ai recyclé mon diplôme d’Aspirant Moniteur Fédéral Pagaies Couleurs (AMFPC) en 2026.

Après l’obtention de l’AMFPC, l’étape suivante dans le parcours fédéral est le diplôme de Moniteur Fédéral Pagaies Couleurs (MFPC).

Cependant, je n’étais pas certaine de franchir le pas.


Mes hésitations

Des compétences insuffisantes

Aujourd’hui, je n’ai pas encore le niveau requis :

  • je n’ai pas les compétences pour former en eau calme ;
  • je progresse en esquimautage, mais je peux encore le rater, et esquimauter est indispensable pour obtenir l’option mer ;
  • mes compétences techniques sont encore très éloignées de celles attendues d’un moniteur en eau vive.

Un engagement vis-à-vis du club

La formation étant financée par le club, elle implique un engagement moral à faire progresser des adhérents, valider des Pagaies Couleurs ou encore contribuer à l’organisation de sorties.

L’augmentation des responsabilités

Obtenir le monitorat implique davantage de responsabilités.

En cas d’incident lors d’une sortie à laquelle je participerai, ma responsabilité sera davantage engagée.

Le regard des autres

Certains kayakistes ont tendance à dévaloriser les diplômes fédéraux, comme à critiquer les moniteurs dont le niveau n’est pas exceptionnel.


Mes bonnes raisons de me lancer

Malgré ces doutes, plusieurs arguments m’ont finalement convaincue.

Une motivation pour progresser

En m’inscrivant à la formation MFPC, j’aurai une motivation supplémentaire pour consolider mes compétences, notamment en esquimautage.

Trois ans pour atteindre le niveau requis

Le règlement du MFPC prévoit que l’inscription est valable pendant trois ans à compter du début de la formation.

Cette durée me semble largement suffisante pour acquérir les compétences nécessaires à la validation des options « eau calme » et « mer ».

Une formation est justement là pour apprendre : je n’ai donc pas besoin d’être prête immédiatement.

En outre, même si je ne valide pas l’option « eau vive », cette formation renforcera mes compétences et me permettra :

  • de recycler mon AMFPC EV ;
  • d’être plus facilement encadrée par les moniteurs ;
  • d’améliorer mes compétences en eau calme et en mer.

Des envies qui évoluent

Si je ne me sens pas encore en mesure d’organiser des sorties, j’ai rencontré plusieurs personnes qui, après avoir participé à de nombreuses navigations, prennent beaucoup de plaisir à organiser leurs propres sorties. L’envie vient souvent avec l’expérience.

Par ailleurs, accompagner la progression d’autres kayakistes et valider des Pagaies Couleurs sont aussi des façons de diversifier sa propre pratique.

Prendre davantage soin de ma propre sécurité

Je me suis déjà retrouvée dans des situations périlleuses.

Avoir davantage de responsabilités sera aussi une incitation à être davantage attentive à ma propre sécurité.

Des critiques à relativiser

Le monitorat est un diplôme qui valide une liste de compétences définies. Il convient de le prendre pour ce qu’il est, ni plus ni moins.

Il n’a jamais été nécessaire d’être un brillant kayakiste pour devenir moniteur.

Plus de 70 km en une journée !

ESC Couëron, sortie organisée par Hervé B. Mardi 16 juin 2026

Depuis plus d’un an, Hervé rêve d’effectuer l’aller-retour entre Couëron et Mindin, ce quartier de Saint-Brevin-les-Pins où la Loire se jette dans l’océan, et ce, en une seule journée. Il avait déjà prévu de relever ce défi le 10 septembre 2025, mais un fort vent défavorable avait contrecarré ses plans.

Pour réussir une telle traversée, il faut en effet des conditions idéales : des marées favorables, un débit d’eau adapté, ainsi qu’une météo clémente.


De Couëron à Saint-Brévin-les-Pins

Une météo plus douce que prévu

Le mardi 16 juin, nous sommes quatre à nous lancer dans cette aventure : Hervé, Valérie, Jean-Marc et moi. La météo est parfaite et le débit de la Loire bas (226 m³/s), ce qui facilitera la remontée.

Hervé a prévu une mise à l’eau à 7h45 devant le bistrot Le Paradis, 10 minutes après la pleine mer. C’est de là que part et revient le bac qui relie Couëron au Pellerin. Nous embarquons juste après le départ d’un bac.

La descente jusqu’à Saint-Brevin-les-Pins nous prendra environ quatre heures. Nous effectuons une pause de 15 minutes à la cale des Caris, face à la Villa Cheminée. Cette œuvre de l’artiste japonais Tatzu Nishi mesure 15 mètres de haut. Elle évoque les cheminées de la centrale électrique de Cordemais voisine et porte un pavillon habitable.

Nous avons beaucoup de chance : après plusieurs jours de forte chaleur, la température est beaucoup plus douce que prévu.

Nous arrivons vers 12h00 à Mindin, soit une demi-heure avant la basse mer à Saint-Nazaire. Nous y sommes chaleureusement accueillis par le compagnon de Valérie. Un apéritif bien mérité et un pique-nique s’imposent.


Une pause à proximité du Serpent d’Océan

Hervé et moi en profitons pour aller admirer le Serpent d’Océan, l’imposante sculpture de l’artiste chinois Huang Yong Ping, située sur la plage du Nez du Chien, à deux pas de notre lieu de pause. Comme le décrit si bien la commune de Saint-Brevin :

L’immense Serpent d’Océan de l’artiste chinois Huang Yong Ping, dont le squelette apparaît comme issu d’une fouille archéologique. Son mouvement le rend vivant : on devine qu’il a traversé les mers pour venir échouer sa gueule démesurée sur cette plage. La ligne de ses vertèbres joue avec la courbe du pont de Saint-Nazaire, et la manière dont il se pose rappelle l’architecture des carrelets, ces pêcheries typiques de la côte atlantique.

Serpent d’Océan, de l’artiste chinois Huang Yong Ping

De Saint-Brévin-les-Pins à Couëron

Nous réembarquons vers Couëron vers 13h30.

À l’entrée de l’estuaire de la Loire, certains sont un peu lassés par la houle arrière.

Je craignais que les 76 km soient difficiles à tenir, alors je me suis ménagée à l’aller et je me sens en pleine forme. J’en profite pour m’amuser à poursuivre les voiliers et les petites embarcations motorisées.

Hervé avait estimé le retour à cinq heures maximum. Cela nous aurait amenés au Paradis vers 18h30, soit une demi-heure avant la pleine mer. Et devinez quoi ? Nous arrivons dans les temps, à quinze minutes près !

Le soir, c’est l’apéro célébration lors de notre réunion de club bimensuelle. 🎉Et, déjà, Hervé voit plus grand. Fort de cette victoire, il envisage de récidiver… mais cette fois en partant directement du club de Couëron. Celui-ci se trouve un peu plus en amont du Paradis. Autrement dit, un défi encore plus ambitieux !

Test de vitesse en kayak de mer

En solo, au départ du NACK – Dimanche 7 juin 2026

Un membre de mon club m’a indiqué que les bons kayakistes atteignaient 6 km/h sur une longue distance. Sur une courte distance, ils pourraient monter à 8 km/h.

Parallèlement, un groupe de pratiquants de pirogue polynésienne monoplace (V1), très compétitif, a fixé ses propres critères. Pour intégrer son créneau, il faut atteindre au moins 8 km/h jusqu’à la Tour Carrée. Le groupe estime cette vitesse difficile à tenir.

Marine est confortable, mais aussi ample et lourde. Elle pèse environ 27 kg pour 5,26 mètres de long et 56 cm de large.

De mon côté, je suis en pleine forme, mais je ne suis plus toute jeune. Je suis ronde et pas tellement sportive. J’ai aussi repris le kayak il n’y a pas si longtemps.

Je m’amuse régulièrement à aller vite, mais je ne m’entraîne pas (encore ?) spécifiquement dans cet objectif.

Je me demandais donc quelle vitesse je pouvais réellement atteindre. J’espérais, sans trop y croire, franchir le cap des 8 km/h.

Après un premier essai, le dimanche 7 juin 2026, grande satisfaction personnelle : je maintiens facilement 8 km/h pendant une heure et demie !

Baptême réussi pour Marine : plus de 50 kilomètres en une journée !

En solo, au départ du NACK – Lundi 25 mai 2026

La température ressentie approche les 40 °C… Mais impossible d’attendre davantage pour essayer mon nouveau kayak !

Cela faisait longtemps que je cherchais un créneau pour rejoindre Nort-sur-Erdre en kayak. Des nageurs, parfois venus de loin, avaient prévu d’effectuer ce trajet lors de l’Erdre à la nage. J’étais assez étonnée de voir que nous, kayakistes, installés juste à côté, ne l’avions encore jamais fait. Pourtant, nous avançons bien plus vite.

J’ignorais la manière dont mon corps allait réagir à la chaleur. Je ne savais pas non plus comment j’allais gérer la distance. Je suis donc partie à un rythme très tranquille. J’ai pris le temps de profiter du paysage et multiplié les pauses.

En solo, Nack-Nort sur Erdre, mai 2026

En solo, Nack-Nort sur Erdre, mai 2026

C’est d’ailleurs lors de l’une de ces pauses que j’ai fait une jolie rencontre : une grande et belle couleuvre.

Finalement, j’ai réalisé les 43 premiers kilomètres sans difficulté particulière.

Arrivée au club de kayak, je décide alors de prolonger l’aventure par un aller-retour d’une dizaine de kilomètres jusqu’à l’île de Versailles.

Je termine donc mon premier périple avec Marine avec 53 kilomètres au compteur !

Marine, un kayak de mer Zegul Bara

Marine, acquise le 23 mai 2026.

Marine est un kayak de mer Zegul Bara, fabriqué en Estonie et conçu pour la randonnée. Elle affiche une charge maximale de 156 kg.

Avec ses 5,26 m de longueur pour 56 cm de largeur, elle reste relativement maniable et stable. Elle pèse 27 kg. Sa coque et son pont sont réalisés en fibre de verre et en aramide.

J’ai découvert ce modèle en naviguant avec le club de kayak de Saint-Nazaire, qui en possède un exemplaire.

On peut lui trouver quelques défauts : pas assez joueur, trop lourd, bleu et blanc. Cependant, tout achat de kayak est avant tout une affaire de compromis !