Une guinguette et un enseignement

Une petite sortie proposée par mes soins – en 2026

Des petites taquineries : oui. Des récriminations constantes : non.

Des vannes qui passent bien

J’ai proposé d’aller à une guinguette en kayak.

Nous sommes cinq partants et le temps est idéal : ni trop chaud ni trop froid.

Sur place, un petit concert de reprises pop-rock est donné, mais nous l’écoutons à peine.

On papote, ça charrie, et ça charrie même beaucoup. Enfin, surtout les hommes, et certains plus que d’autres.

Je rigole de bon cœur aux boutades sur mes multiples propositions de sorties, qui ne rencontrent guère le succès escompté.

  • Le Merathon d’Auray ? ❌
  • Le Marathon de l’Ardèche ? Peut-être un.
  • La Traverseine ? ❌
  • L’Open Canoe Festival ? Peut-être deux, mais mince, c’est finalement moi qui ne suis plus disponible.
  • Aller à Nort-sur-Erdre en Vital ? ❌
  • À Sucé-sur-Erdre en Vital alors ? ❌
  • Explorer l’Erdre au-dessus de Nort-sur-Erdre ? ❌
  • Les 24 Heures Kayak ? ❌
  • La Dordogne intégrale ? Peut-être une, dans un an ou deux.

À vrai dire, j’ai proposé de participer à quasiment toutes les activités destinées aux kayakistes loisirs, en dehors des véritables sorties « eau vive », et ça prend rarement.

Mais ce n’est pas grave : qui ne tente rien n’a rien, et moi, j’aurais tenté.

Et puis parfois, comme ce soir, ça prend.

Mais au bout d’un moment, ça fatigue

Autant je rigole de bon cœur de mon petit côté trépidant, autant j’apprécie moins — même juste pour taquiner — les récriminations et les rappels à mes responsabilités en cas de difficulté, comme lorsque le matériel est malmené.

Gnagnagna, l’eau est un peu vaseuse à l’endroit où on débarque, la sortie est mal organisée.
Gnagnagna, on n’a pas de place pour s’asseoir sur les bancs, mauvaise organisation.
Gnagnagna, tu as ramené un bon pain, on te donnera un bon point.
Gnagnagna, si les kayaks ou autre matériel sont volés, c’est toi l’organisatrice, et ce sera toi, la responsable.
Gnagnagnagnagna. Gnagnagnagnagna.

Certains jouent les consommateurs ou, pire encore, se croient dans Un dîner presque parfait : ils passent tout au crible, dressent soigneusement la liste de la moindre imperfection… tout en veillant bien à ne jamais recevoir à leur tour et, comble du comble, en demandant à être réinvités !

À la recherche de compagnons d’aventure

J’aime les aventuriers.

Ou les aventurières.

Les personnes qui n’hésitent pas à tremper leurs pieds dans l’eau, même un peu sale, pour éviter de faire racler les bateaux.

Les personnes qui s’entraident pour porter les kayaks, plutôt que de les traîner sur le sol.

Les personnes qui s’amusent des contretemps et de l’inconfort, prêtes à s’extirper de leur quotidien douillet.

Les personnes qui peuvent s’asseoir par terre sans avoir peur de salir leur postérieur.

Les personnes qui listent tout ce qui va bien, ce qu’elles apprécient, au lieu de recenser le moindre truc qui n’est pas parfait.

Le week-end dernier, j’étais avec un autre groupe de kayakistes et tout s’est bien déroulé, en dépit d’un fort vent et de la pluie. Tout le monde s’est spontanément entraidé.

Et, même, le sale temps nous plaisait bien, à tous.

Quel contraste entre la joie de vivre, la beauté et la zénitude des lieux… et les railleries.

Un bilan plutôt satisfaisant

Au retour, ils sont tous ravis.

Et, somme toute, je ne suis pas trop insatisfaite non plus.

Parcourir cette dizaine de kilomètres, avec uniquement un point de débarquement et un repas qui changeaient un peu de l’ordinaire, m’a donné une idée de la difficulté à faire davantage avec un certain public.

Relativement inexpérimentée en organisation de sorties, je voulais en entraîner beaucoup dans plein d’événements divers et variés, sans avoir la moindre idée des difficultés auxquelles j’allais être confrontée, au motif que « techniquement, ça le fait ».

J’ai probablement échappé au pire.

Et maintenant, JE SAIS.


C’était quand même bien agréable, cette sortie nocturne.

Début octobre, je pense que je vais me refaire un restaurant au bord de l’eau.

En allant un peu plus loin, à une dizaine de kilomètres.

Pour sûr, je ne trouverai aucun volontaire. Probable que je n’en cherche même pas, d’ailleurs.

Et que, finalement, seule, ce soit encore mieux.

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